Messires Jehans de Boursier et Piètres dou Bos s’en allèrent en Engleterre au plus tost comme il peurent, et se representèrent [B 20: presentèrent] au roi [B 20 aj.: Richart] et à ses oncles, et leur recordèrent l’ordenance et l’affaire [B 20: et la conduitte] de ceux de Gand et comment il estoient venu [B 20: parvenuz] à paix. Li rois fist bonne chière à Piètre dou Bos; ossi fisent li dus de Lenclastre et ses frères, et lui sceurent [B 20 aj.: tous] grant gret de ce [B 20: pour tant] qu’il s’estoit là trait [B 20: retrait par devers eulx] et avoit laissiet pour l’amour d’eux ceus de Gand. Si le retint li rois et lui donna tantost cent mars de revenue par an, assignés sour l’estaple des laines, à prendre à Londres. Ensi demora Piètres dou Bos en Engleterre et la bonne ville de Gand à paix. Et fu sires Rogiers Evrewin doïens des navieurs de Gand, qui est uns mout biaus [B 20 aj.: et riche] offices et de grant pourfit quant la navire queurt et [B 20 aj.: la] marchandise. Et sires Jaques d’Ardembourcq fu doïens des menus mestiers, qui est ossi uns grans offices en la ville de Gand.

FIN DES VARIANTES DU TOME ONZIÈME.

NOTES

CHAPITRE XVII.

[1] Le roi, qui était à Arras depuis le commencement de novembre, n’en partit que le 12 (Petit, Séjours de Charles VI, p. 15).

[2] C’est le 15 que Charles VI passa par Lens, et le 17 qu’il séjourna à Seclin, où il avait dû arriver le 16 (Ibid., p. 15). Le Religieux de Saint-Denis ne fixe qu’une date approximative: post festum omnium sanctorum.

[3] Quelque grande qu’ait pu être l’insistance des ambassadeurs gantois qui avaient quitté Londres vers la fin d’octobre, ce ne fut guère qu’après Roosebeke que commencèrent les préparatifs de l’expédition dirigée contre la France, à laquelle le roi d’Angleterre devait primitivement prendre part en personne (Rec. Off., Early Chanc. Rolls 327, m. 15). A la date du 13 décembre, des lettres de protection sont données aux futurs compagnons de l’évêque de Norwich (Ibid., French Rolls 327, m. 16, 17 et 18), et Thomas Seyvill et John Orewell sont chargés de retenir, en Devonshire et en Cornouailles, des bateaux pour le transport des troupes; ils doivent aussi empêcher les bateaux flamands stationnant dans les ports anglais de s’éloigner sans permission spéciale (Ibid., Issue Rolls 306, m. 8, et Queen’s Rem. 39/27); des armes sont achetées en grand nombre et emmagasinées à la Tour de Londres (Ibid., Lord Treas. Rem., For. Acc., no 2).

[4] André, seigneur de Rambures, chevalier, figure, en 1380 et 1381, sous les ordres du seigneur de Sempi. De juillet 1381 à mars 1382, il séjourne à la frontière de Flandre. En 1387, nommé capitaine de tout le pays de West-Flandre, il est chargé de la défense de Gravelines, où nous le retrouvons encore en janvier 1389. En janvier 1395, il n’est plus que capitaine de Gravelines (Bibl. nat., Pièces orig. vol. 2429).

[5] L’estimation totale de l’armée royale varie suivant les chroniqueurs. D’accord avec Pierre Cochon (Chron. norm., p. 171), le Religieux de Saint-Denis l’évalue (t. I, p. 188) à 10,000 hommes d’armes, sans compter les arbalétriers, les gens de pied, les troupes légères et les valets d’armée. Une rédaction des Istore et croniques de Flandres (t. II, p. 262-263) attribue à l’avant-garde 2,000 lances, 500 arbalétriers, 400 archers et 600 valets; à la bataille du roi 3,000 chevaliers et écuyers, 200 arbalétriers et 600 archers; à l’arrière-garde, 1,500 lances et 600 valets.

[6] C’est à tort que Froissart donne à ce personnage le nom de Guillaume; il s’agit de Jean VI, fils de Jean V, comte d’Harcourt, et de Blanche de Ponthieu.