Le 12 septembre, le roi quitte Ertvelde et licencie l’armée, sans faire le siège de Gand; il passe par Creil[309], où il rencontre la reine; il arrive enfin à Paris[310] et préside au départ de son frère Louis pour la Hongrie[311]. P. [247], [248], [429].

Le mariage fictif de Louis de Valois ne laisse pas de porter ombrage à l’empereur Wenceslas, qui, depuis longtemps[312], a jeté les yeux sur Marie de Hongrie pour en faire la femme de son frère Sigismond[313], marquis de Brandebourg. Soutenu par un parti assez important en Hongrie, il force par les armes la reine Élisabeth à lui donner en mariage sa fille, la reine Marie. P. [248] à [250], [429], [430].

Cette nouvelle parvient à Troyes au comte de Valois, qui, déjà, s’achemine vers son nouveau royaume[314]. Il retourne aussitôt à Paris, tandis que les ambassadeurs hongrois qui l’accompagnent se dirigent vers leur pays, tout surpris par ces événements[315]. On se console facilement de l’échec de ce mariage, en pensant combien lointaine est la Hongrie et combien préférable est une union avec l’héritière du seigneur de Milan, Valentine Visconti[316]. P. [250], [251], [430].

Pendant le siège de Damme, le duc de Bourbon, maître de nombreux forts en Poitou et en Limousin, s’arrête au siège de Verteuil[317], défendu par un Anglais, André Privart, et par un Gascon, Bertrand de Montrivet. Ce dernier est tué; la garnison attend encore quinze jours pour rendre la ville et se retire à Bouteville[318], dont Durandon de la Parade est devenu capitaine. Les Français réparent les fortifications de Verteuil, puis vont se reposer à Charroux[319], où se trouve une grosse abbaye. Le duc de Bourbon reste ensuite huit jours à Limoges, d’où il gagne Paris. P. [251] à [253], [430], [431].

CHAPITRE XXII.

1385, 8 juillet. CHEVAUCHÉE EN NORTHUMBERLAND DES ARMÉES FRANÇAISE ET ÉCOSSAISE.—14 juillet. CONVOCATION DE L’ARMÉE ANGLAISE A NEWCASTLE.—6 août. LE ROI RICHARD ENTRE EN ÉCOSSE.—4-14 août. JEAN DE VIENNE ÉVITE LE COMBAT; SA CHEVAUCHÉE EN ANGLETERRE.—10-20 août. CHEVAUCHÉE DE L’ARMÉE ANGLAISE EN ÉCOSSE; SON RETOUR EN ANGLETERRE.—Septembre-novembre. DISSENTIMENTS ENTRE FRANÇAIS ET ÉCOSSAIS.—5 décembre. DE RETOUR EN FRANCE, JEAN DE VIENNE DISSOUT L’ARMÉE D’ÉCOSSE (§§ [467] à [488]).

Le roi d’Écosse est enfin venu à Édimbourg et, poussé par ses fils, consent à chevaucher en pays anglais en compagnie de l’amiral Jean de Vienne et des chevaliers français. Il fait son mandement, auquel répondent plus de 3,000 hommes, tous à cheval[320]. P. [253], [254], [431].

On équipe le mieux possible les chevaliers écossais avec des armures envoyées de Paris, et Jean de Vienne donne le signal du départ. L’armée entre en Northumberland, passe par Melros et par Roxburgh, qu’elle renonce à prendre; puis, descendant la Tweed, s’empare de deux châteaux. P. [254] à [256], [431], [432].

Elle arrive devant un autre château, nommé Werk, qui appartient à Jean de Montagu[321]. Malgré la vigoureuse résistance du capitaine Guillaume de Leyburn[322], Werk est pris par les Français, qui le démantèlent[323]. P. [256], [257], [432].

Cela fait, Jean de Vienne et ses compagnons s’acheminent vers Alnwick et brûlent et pillent un certain nombre de villages des alentours[324]; ils parviennent jusqu’à Bothal[325], qu’ils n’assiègent pas, et jusqu’à Morpeth, à mi-chemin entre Berwick et Newcastle. Là, ils apprennent que le duc de Lancastre, les comtes de Northumberland et de Nottingham, Jean de Nevill, accompagnés de nombreux barons et de l’archevêque d’York, Alexandre de Nevill, ainsi que de l’évêque de Durham, Jean de Fordham, marchent à leur rencontre.