[82] Les préparatifs maritimes des Anglais commencèrent vers la fin de 1371. Le 6 octobre de cette année, Édouard III institua deux amiraux, Raoul de Ferrers et Robert de Assheton, chevaliers (Rymer, III, 923 et 924). Le 25 du même mois, il prit des mesures pour assurer la défense des côtes contre les entreprises des Français dont la flotte tenait déjà la mer et passait pour menacer surtout la ville de Yarmouth (Ibid., 925). Le 21 décembre, il défendait de vendre des navires à des marchands étrangers (Ibid., 930). Le 26 janvier 1372, il concluait un traité d’alliance perpétuelle avec les Génois, dont les navires et les arbalétriers pouvaient lui être si utiles dans la guerre qu’il se préparait à entreprendre (Ibid., 931). Enfin, le 6 février suivant, il faisait saisir dans les ports d’Angleterre tous les bateaux jaugeant 20 tonneaux et au-dessus pour les employer au transport de ses troupes (Ibid., 933).

[83] Un mandement en date du 31 janvier 1372 (n. st.) nous prouve que Charles V n’ignorait rien des préparatifs du roi d’Angleterre. Voici les premières lignes de ce mandement. «Comme nous aions entendu par pluseurs personnes dignes de foy que nostre adversaire d’Angleterre a entencion et volenté de briefment venir par mer et par terre et entrer au plus grant effort que il pourra en nostre royalme pour grever et dommagier nous, nostre royaume et noz subgiés.» En prévision de ces attaques, Charles V organisa tout un système de défense. Dans chaque bailliage, il délégua deux ou trois chevaliers qui devaient s’adjoindre au bailli pour visiter toutes les places fortes du ressort; le roi donnait l’ordre de démolir celles que l’on ne jugerait pas capables de résister aux assauts de l’ennemi et au contraire de remettre les autres en parfait état, en ayant soin de les munir de provisions et d’artillerie (Delisle, Mandements de Charles V, p. 439 à 442).

[84] Jean, comte de Pembroke, fut nommé lieutenant en la principauté d’Aquitaine le 20 avril 1372 (Rymer, III, 941).

[85] Par acte daté de Westminster le 7 février 1372, Édouard III donna l’ordre de réunir, d’armer et d’approvisionner des navires dans tous les ports d’Angleterre; ces préparatifs devaient être terminés et les navires prêts à prendre la mer le 1er mai suivant (Rymer, III, 933).

[86] La famille de Granson ou Grandson tire son nom de la petite ville de ce nom située dans le pays de Vaud, sur les bords du lac de Neuchâtel: voilà pourquoi Froissart fait remarquer qu’Othe était originaire d’outre-Saône. Grandison est la forme anglaise du nom de cette famille dont une branche s’établit en Angleterre pendant la seconde moitié du XIIIe siècle.

[87] Par acte daté du bois de Vincennes le 10 mars 1372 (n. st.), Charles V avait accordé des privilèges aux Castillans qui fréquentaient le royaume (Delisle, Mandements, p. 449).

[88] La flotte espagnole se composait de vingt galées d’après la Chronique des quatre premiers Valois (p. 232) et de douze seulement d’après D. Pedro Lopez de Avala: «Este año (1372), ovo nuevas el Rey Don Enrique como Micer Ambrosio Bocanegra su Almirante, con doce galeas suyas, las quales él avia enviado en ayuda del Rey de Francia, estando cerca de la Rochela, que estaba entonce por Inglaterra, llegára y el Conde de Peñabroch, que venia por Lugar teniente del Rey de Inglaterra en Guiana, con treinta é seis naos é con mucha compaña de caballeros é escuderos é omes de armas é con grand tesoro que el Rey de Inglaterra le diera para facer guerra in Francia, é que llegando el dicho Conde de Peñabroch á la villa de la Rochela con las dichas naos, las doce galeas de Castilla palearon con él, é le desbarataron, é prendieronle á él, é á todos los caballeros é omes de armas que con él venian, é tomaron todos los navios é tesoros que traian.» (Crónica del Rey Don Enrique segundo, dans Cronicas de los Reyes de Castilla, Madrid, 1877, gr. in-8o, 11, 12).

[89] Ambrosio Boccanegra était d’origine génoise comme Barbavara, amiral au service de Philippe de Valois, et comme un certain nombre d’amiraux de Castille aux XIVe et XVe siècles. Par acte daté de Zamora le 5 novembre 1372, D. Enrique fit don à Ambrosio Boccanegra, pour le récompenser de la victoire remportée devant la Rochelle, de la petite ville de Linarès, en Andalousie (Catalogo de los Señores y Condes de Fernan Nuñez).

[90] Pedro-Fernandez Cabeça de Vaca était maître de l’ordre de Saint-Jacques.

[91] Les chroniques de Castille ne mentionnent à cette époque aucun amiral de ce nom. Ferrand de Pion serait-il, comme l’a supposé Buchon, une altération de Hernando de Léon? En 1377, D. Ferrand Sanchez de Tovar, amiral de Castille, prit part à une expédition dirigée par l’amiral français Jean de Vienne contre l’île de Wight.