[224] Le «Conq» de Froissart n’est pas Concarneau; c’est un écart de la commune actuelle de Beuzec-Conq (Finistère, arr. Quimper, c. Concarneau), tout au fond d’une anse qui communique avec la baie de La Forest ou de Fouesnant. D’après l’auteur du Chronicon Briocense (D. Morice, Preuves de l’hist. de Bretagne, II, 45), le duc de Bretagne ne s’embarqua pas pour l’Angleterre à Conq, mais à Brest. Cet embarquement se fit le jeudi 28 avril 1373.
[225] Du Guesclin dut faire ses préparatifs pour l’expédition de Bretagne et se diriger vers ce pays par l’Anjou immédiatement après la victoire de Chizé et la prise de Niort, qu’il faut dater, comme nous croyons l’avoir établi plus haut, des 21 et 27 mars 1373 (Cf. p. LXII, [note 134]). Dès la fin d’avril, le 29 de ce mois, le connétable de France devait être arrivé en Bretagne, puisque à cette date un chevaucheur du duc de Berry se rendit dans cette province où il était chargé de remettre à Bertrand des lettres de son maître: «A Baudet de Choret, chevaucheur de mon dit seigneur (le duc de Berry), pour faire ses fraiz et despens en alent de Poiters en Berthaigne porter lettres de par monseigneur au connestable de France.» (Arch. Nat., KK 251, fo 94 vo). La quittance de la somme allouée à ce chevaucheur pour l’accomplissement de son message est datée du 29 avril 1373. Le même chevaucheur fut renvoyé en Bretagne vers le connétable, le 13 mai suivant (Ibid., fo 95). Nous devons faire remarquer néanmoins que Louis, duc de Bourbonnais, qui fut avec Du Guesclin le principal chef de l’expédition de Bretagne n’avait pas encore quitté Paris à la date du 23 avril (Arch. Nat., P 13622, no 1107; Huillard-Bréholles, Titres de Bourbon, I, 569). Le 19 mai 1373, il est certain que Du Guesclin se trouvait à Rennes, où, sur le rapport de son cousin Hervé de Mauny, seigneur de Torigni, il donna l’ordre de laisser les religieux de Saint-Melaine de cette ville jouir de leurs droits d’usage dans la forêt de Rennes (Bibl. Nat., ms. fr. 22 325, fo 105).
[226] Le 9 mai 1373, Jean, vicomte de Rohan, et Raoul, seigneur de Montfort, donnèrent quittance de leurs gages à Dinan, et la date de ces quittances nous donne lieu de conjecturer avec quelque vraisemblance le moment où le corps d’armée au service du roi de France, ou du moins un détachement de cette armée, prit possession de cette ville au nom de Charles V (D. Morice, Preuves de l’hist. de Bretagne, II, col. 65).
[227] Cet ancien château des ducs de Bretagne, dont six tours subsistent encore, est situé dans la presqu’île de Ruis, au sud du golfe du Morbihan et à l’est de la baie de Quiberon, sur le territoire de la commune de Sarzeau (Morbihan, arr. Vannes).
[228] Côtes-du-Nord, arr. Dinan.
[229] D’après M. Arthur de La Borderie, «Ghoy la Forest» de Froissart devrait être identifié avec un château de Coët, mot qui en breton signifie forêt, situé sur le territoire de la commune de Languidic (Morbihan, arr. Lorient, c. Hennebont), à trois lieues environ au nord-est d’Hennebont.
[230] Côtes-du-Nord, arr. Lannion. Selon toute vraissemblance, Du Guesclin n’alla prendre possession de la Roche-Derrien et en général des places de la Bretagne septentrionale qu’après le traité de capitulation de Brest daté du 6 juillet; le 14 août, il était à la Roche-Derrien. Voyez plus loin, p. LXXXV, [note 267].
[231] Morbihan, arr. Ploërmel.
[232] Morbihan, arr. Pontivy.
[233] Voyez plus haut, p. LIX, [note 190]. Le 6 juillet, à la date du traité de capitulation de Brest, Saint-Mathieu ou Saint-Mahé n’avait pas cessé d’être aux mains des Anglais et des partisans de Montfort.