Le 16, mercredi.—Soupé en la galerie; il va chez le Roi, où le contrat de mariage entre M. de Vendôme et Mlle de Mercœur fut signé et eux fiancés.

Le 17, jeudi.—Mené chez la Reine, là où le Roi lui baille son chapeau de castor, lui commandant de l'apporter à Armaignac, premier valet de chambre du Roi, et lui rapporter un chapeau de taffetas; le Dauphin y va courant avec ardeur, et ne veut point retourner[521] sans le chapeau de taffetas, qu'il apporta au Roi. Mené en la grande salle, à la comédie.

Le 18, samedi.—M. de Souvré lui dit que le fils du duc de Wittemberg le doit venir voir; il demande: Est-il plus que moi!—«Oui, Monsieur, car il est plus âgé que vous, c'est un prince d'Allemagne.» Mme de Montglat lui dit: «Monsieur, il est prince comme vous». Le Dauphin mangeant une cerise, et ayant songé dit: Je suis plus que lui en France, et il est plus que moi en Allemagne. A trois heures trois quarts le prince de Wittemberg le vient saluer, revenant de Poitiers et en dessein d'aller après en Angleterre, pour s'en retourner après séjourner à Alençon, dont le duché étoit engagé à son frère.

Le 19, samedi.—Les violons viennent en sa chambre; Madame, Mlle de Vendôme et MM. de Mortemart dansent, il ne veut point danser, n'aime point la danse. Don Pedro Juil
1608 de Toledo[522] arrive sur les sept heures par la chaussée, traverse la cour du Donjon, et, par le jardin de la Reine, va loger à la Conciergerie.

Le 20 juillet, dimanche, à Fontainebleau.—Don Pedro de Toledo le vient saluer, lui baise la main, et lui dit qu'il est bien aise de voir qu'il est si beau et gentil prince, et prie Dieu qu'il le fasse prospérer. M. de Souvré, gouverneur du Dauphin, fit la réponse pour lui.

Le 21, lundi.—Soupé avec impatience pour aller aux toiles; à six heures et demie mené aux toiles: il étoit âpre à la chasse, où il vit tuer un sanglier.

Le 22, mardi.—Le sieur Jacob, ambassadeur du duc de Savoie, le vient saluer de la part de son maître, lui baise les mains et lui offrant, pour témoignage de l'affection que son maître avoit à le servir, sa personne et celle de ses enfants. Mené chez le Roi aux fiançailles de M. de Vendôme et de Mlle de Mercœur[523].

Le 25, vendredi.—A neuf heures et un quart, sur le parepied [sic] de la terrasse de la basse cour du Cheval blanc, déjeûné. Il va en sa chambre, fait dresser les toiles, dit à M. de Nangis, qui étoit capitaine des toiles: Vous serez aussi capitaine des toiles de ma chambre. Il y met des chiens de poterie, des blaireaux, des loups.

Le 30, mercredi.—Il se joue des marmousets de Mlle de Vendôme, et entre autres d'un marmouset fait en singe; le Roi le vient voir, lui dit que ce singe ressemble à M. de Guise; peu après M. de Guise arrive, et lui demande: «Monsieur, qu'est cela?»—C'est votre ressemblance.—«Comment le savez-vous?»—Papa le dit. A six heures le Roi et la Reine sont partis pour aller souper à Loursine et coucher à Paris.

Le 31, jeudi.—Il va en la chambre du grand pavillon, Juil
1608 où souloit loger M. le Grand; l'on y porte son lit, à cause de l'extrême chaleur. Il s'amuse à considérer les peintures en la galerie des chasses, les différences et les personnes qui y étoient peintes au naturel, des chefs principalement[524].