Mars
1609

Le 3, mardi, au Louvre.—Mené chez M. de Roquelaure, où étoient LL. MM. A six heures et demie soupé; il va chez le Roi, y voit danser le ballet du chevalier de Vendôme, y est jusques à onze heures trois quarts.

Le 5, jeudi.—Mené en carrosse en la plaine de Vaugirard et d'Issy, à la volerie; il voit prendre des corneilles.

Le 6, vendredi.—Après déjeuner M. Des Yveteaux[578], son précepteur, lui donna la première leçon, commençant par un petit discours qui lui représentoit comme il avoit à reconnoître que Dieu l'avoit fait naître chrétien et dans l'Église apostolique, et fils d'un grand Roi, et par ainsi qu'il avoit à savoir qu'il lui falloit aimer et craindre Dieu, se rendre véritable et juste, à aimer et honorer le Roi et la Reine comme ayant supériorité sur lui, et puis comme ses père et mère, et que les vertus s'apprenoient dans les livres; et commença à lui faire lire le commencement de l'histoire de Josèphe, puis lui baille par écrit à savoir: «s'il faut que les ecclésiastiques soient appelés aux conseils des princes et ce qui lui en semble.»—Je sais pas, répond le Dauphin.

Le 7, samedi.—Mené au bois de Vincennes, c'est la première fois; il y court des lièvres, y voit un élan.

Le 8, dimanche.—Mené au devant du Roi revenant de Saint-Germain-en-Laye; goûté au Roule, puis il rencontre, au devant des Ternes, le Roi, qui le fait mettre en son carrosse.

Le 10, mardi.—A souper il fait un rot; M. de Souvré l'en reprend; il lui répond froidement: Mousseu de Souvré, c'est un rot, ce n'est pas un pet.

Le 11, mercredi.—Mené sur le pont voir, tous les engins Mars
1609 de la pompe de la Samaritaine, puis il va au jardin du Palais, y a goûté.

Le 12, jeudi, au Louvre.—Botté et éperonné, il est mené en carrosse aux Chartreux, y monte sur sa petite haquenée baie, dans le clos, pour voir courir deux blaireaux.

Le 13, vendredi.—Il commença à signer des lettres de retenue[579] pour quelques-uns de ses officiers.