Le 27, jeudi, à Saint-Maur.—Il avoit un chien nommé Pataut, le plus ancien, qu'il souloit avoir à Saint-Germain, et qu'il aimoit et avoit toujours aimé. M. de Souvré lui disoit: «Monsieur, vous avez trop de chiens; il en faut ôter de ceux qui ne valent rien, et sont trop vieux comme Pataut».—Pataut, mousseu de Souvré, ho! non, je veux nourrir les vieux.—Il se met à inventer un ballet, fait les vers, dit: Velà pour donner, et ceux là pour chanter.

Le 28, vendredi.—Il n'étudie point, pour ce que son précepteur étoit allé à Paris; botté, il monte à cheval, va jusques à Chenevières à la chasse du lièvre, avec sa meute de petits chiens courants, donnés par le prince de Galles et que M. de Vitry avoit amenés.—Il s'amuse à peindre avec l'encre et la plume.

Le 29, samedi.—Mené à Champs, maison de M. Faure, maître d'hôtel du Roi et beau-frère de M. le chancelier.

Le 30, dimanche.—Il est vêtu de chausses rondes à bas à attacher, l'habillement de satin gris et passement d'or (c'est la première fois pour le bas attaché). Il monte à cheval, est mené à la messe aux Minimes du bois de Vincennes.

Le 31, lundi.—Il s'amuse à peindre avec la plume. M. de Souvré lui parle d'aller dîner à Champs; il déclame contre le chemin: C'est le plus mauvais chemin du monde. Je lui dis que si M. Faure, qui en est le maître, eût su qu'il y fût allé l'autre jour, il y eût trouvé une belle collation, et qu'il m'avoit prié de l'en avertir, et s'il y vouloit retourner qu'il la y trouveroit.—Ho! non, il y a trop mauvais chemin, j'aime mieux mes chevaux qu'une collation. M. de Souvré lui demande s'il veut pas que son carrosse soit attelé de mules.—Ho! non, cela est bon pour dom Piedro de Toledo.

Le 1er septembre, mardi, à Saint-Maur.—Mené au-devant du Roi, qui revenoit de Monceaux; le Roi arrive à Sept
1609 Saint-Maur à cinq heures et un quart; soupé avec le Roi à six heures et demie; le Roi part à sept heures trois quarts pour aller à Paris.

Le 2, mercredi, à Saint-Maur.—A trois heures il entre en carrosse, et va jusques à Plaisance au-devant de la Reine, qui de Monceaux alloit à Paris; elle le fait mettre en sa litière[611], jusques auprès du parc de Vincennes; il est ramené à Saint-Maur à sept heures et demie.

Le 5, samedi.—Il se joue à tirer par le cordage un petit canon donné par feu M. de Lorraine, y met ses petits gentilshommes deux à deux; il se met au premier rang, va ainsi de chambre en chambre.

Le 6, dimanche.—Il monte à cheval, passe l'eau au bac de Créteil et va dîner à Brevannes; à trois heures il monte à cheval, est mené à Maisons, où il a goûté. Ramené à six heures et un quart, il se va jouer au parc, à un petit fort qu'il faisoit défendre et assaillir.

Le 7, lundi.—Il étudie sur un billet que son précepteur avoit laissé du samedi pour aller se jouer à Paris[612].