Le 28, dimanche, à Paris.—Le Roi, la Reine, M. de Mayenne et tout ce qui étoit des princes et princesses à la Cour, le sont venus voir, à part ou avec la Reine.

Le 29, lundi.—Sur les six heures, parti de chez M. Zamet, porté au Louvre, où le Roi et la Reine l'ont vu et tenu bien une heure; de là aux Tuileries où le Oct
1601 Roi, qui y étoit venu, le fit passer pour le voir derechef et le montrer à plusieurs qui ne l'avoient encore vu; et de là, partant entre midi et une heure, il alla à Saint-Cloud, logea au petit logis de M. de Gondi, chevalier d'honneur de la Reine. Parti de Saint-Cloud à trois heures il arrive à six heures à Saint-Germain en Laye, lieu choisi par le Roi pour y être nourri, accompagné de messire [Robert] de Harlay, sieur de Montglat, de Françoise de Longuejoue, dame de Montglat, sa gouvernante; de moi Héroard, médecin ordinaire du Roi et premier de Monseigneur le Dauphin; de Georges Birat, premier huissier de sa chambre, et du sieur François de Marviller, écuyer, sieur de Meninville en Beauce, capitaine exempt des gardes du corps du Roi, sous la charge de M. de Praslin; du sieur Daniel Prévost, sieur de Bragelongne en Champagne; du sieur Jehan Dugué, Parisien; du sieur Jacques de Lancelin, sieur de la Rouillère, de Valence en Dauphiné; du sieur Guillaume de la Palisse, de Messe en Gâtinois; du sieur Charles du Til, de Préaux en Normandie; du sieur Isaac de Rives, sieur de la Rivière, d'Aspreville en Normandie; du sieur Jacques du Glasc, Écossois, tous archers des gardes du corps du Roi, et de quatre Suisses de la garde. A bonne heure nous prit la pluie qui arriva aussitôt comme il fut en sa chambre. Il fut mis en celle de la Reine en attendant que la sienne fût accommodée; le soin que l'on avoit eu d'un si précieux trésor fut tel que l'on ne y avoit trouvé aucune chose de prêt pour le recevoir. Il est à présumer que l'on en doit blâmer ceux qui tiennent les charges pour telles affaires. Peu de lait à la nourrice.

Le 3 novembre, samedi, à Saint-Germain en Laye.—Le comte de Lindre, prince d'Espinoy, Flamand, ambassadeur extraordinaire de la part de l'Archiduc devers le Roi pour se réjouir de la naissance de Mgr le Dauphin, le vient voir ce disoit-il, par commandement du Roi. [Louis de Lorraine], abbé de Saint-Denis, et le chevalier Nov
1601 de Lorraine, son frère, le sont venus visiter[21].

Le 4 novembre, à Saint-Germain.—Dormi, réveillé, etc.; frotté le ventre d'huile d'absinthe et le nombril de civette. M. Brulard, abbé de Léon, le vient visiter.

Le 5, lundi.—La Reine arriva à midi et demi à Saint-Germain, ayant en sa compagnie Mme de Guise et Mlle sa fille[22], Mme de Guiercheville, et la signora Conchino[23]. La Reine reçoit par Petit des lettres du Roi écrites à Verneuil[24]; elle fait réponse. La Reine part pour s'en retourner à Paris.

Le 6, mardi.—Mme de Villars, femme du sieur de Villars, gouverneur du Havre, le vient voir.

Le 7, mercredi.—Sa nourrice avoit peu de lait; mis de l'or battu au bout de sa mamelle pour les tranchées.

Le 8, jeudi.—Le clarissime Contareno, ambassadeur de Venise, le vient visiter, et ce même jour aussi M. de la Force, capitaine des gardes du corps du Roi.

Le 11, dimanche.—On lui a frotté la tête la première fois avec plaisir.

Le 12, lundi.—Le Roi et la Reine sont arrivés; il les a considérés.