[455] A son baptême. Voy. plus bas, au [9 décembre].

[456] Sur ce fou de Henri IV, on lit dans le Perroniana: «Maître Guillaume étoit ennemi mortel des pages et des laquais, et portoit toujours sous sa robe un bâton court, qu'il appeloit son oysel, et en frappant crioit toujours le premier au meurtre. Il disoit qu'en même temps que Dieu faisoit les anges, le diable faisoit les pages et les laquais. Il vit en Normandie le pourvoyeur de M. le cardinal de Bourbon qui menoit toujours où alloit son maître une troupe de moutons pour la provision, et celui qui les menoit étoit monté à cheval; maître Guillaume, qui le vit passer, dit: «Voilà le grand moutontier de Cholcos, qui garde les moutons à cheval.» Quand maître Guillaume vouloit dire ruiner, il disoit réformer, à cause qu'au commencement des troubles ceux de la Religion pillèrent Louviers, d'où il étoit, et eux s'appeloient Réformés. M. le comte de Soissons lui dit un jour: «Il faut que tu ailles devant une compagnie de dames (qui étoient au Louvre) et que devant elles tu montres ton cul, et que tu le remues; mais garde-toi bien de dire que c'est moi qui t'ai appris cela, car tu auras des coups de bâton; mais dis ainsi: C'est ma mère qui me l'a appris» (entendant parler de la mère de maître Guillaume). Maître Guillaume ne manqua pas de venir en cette compagnie, où le comte se trouva exprès, et où aussi étoit sa mère; aussitôt le bouffon commença à faire les gestes que lui avoit appris le comte de Soissons. Ces dames se mirent à crier et à le vouloir chasser de la salle; on lui demanda: «Qui t'a appris celle vilenie-là?—C'est le comte de Soissons», dit-il. Le comte, qui étoit là, lui fit signe qu'il le battroit; aussitôt il se reprit: «Non, ce n'est pas le comte de Soissons, mais c'est sa mère qui lui a appris.»

«Je le rendis une fois bien muet devant le feu Roi, et il se trouva pris sans pouvoir répliquer. Il disoit au Roi qu'il avoit été dans l'arche de Noë avec sa femme et ses enfants; là-dessus je lui dis: «Venez çà, maître Guillaume; il n'y avoit dans l'arche que huit personnes, Noë, sa femme, ses trois enfants et les femmes de ses trois enfants: Vous n'étiez pas Noë?—Non, dit-il.—Vous n'étiez pas sa femme?—Non.—Vous n'étiez pas de ses enfants?—Non.—Vous n'étiez pas une des femmes de ses fils?—Non.—Vous étiez donc une bête, car il n'y avoit que ces personnes-là, tout le reste étoit des bêtes.» Il se trouva bien empêché, et ne sut que répondre; le Roi le lui reprochoit souvent....

«Il s'appeloit Guillaume le Marchand et s'appeloit Cavalier des chiffres; il disoit qu'il étoit descendu aux enfers, et que là il combattit Pythagoras. Toute sa science étoit tirée du livre des Quenouilles, qu'il avoit merveilleusement bien étudié; il avoit aussi vu tout plein de tapisseries, et il lui en étoit demeuré force visions; il avoir été aussi souventes fois aux sermons; il n'y avoit pas moyen de le faire obliger ni répondre pour personne. Les bouffons plaisants donnent de merveilleux contentements, mais ils sont dangereux quelquefois. Maître Guillaume avoit de certaines visions admirables quand on l'interrogeoit: Qui étoit cettui-ci, cettui-là, et de certains mots propres, qui lui étoient naturels, et à lui seulement.»

[457] Ces griffonnages sont conservés dans le manuscrit d'Héroard.

[458] Marie de Bourbon, fille de Henri de Bourbon, duc de Montpensier, née au château de Gaillon, le 15 octobre 1605, avait alors près de deux ans; elle fut mariée en 1626 à Gaston, duc d'Orléans, troisième fils de Henri IV, né le 25 avril 1608; le duc d'Orléans, deuxième fils du Roi, était mort en 1611. On voit que ces mariages, projetés dès l'enfance des princes, se réalisaient quelquefois.

[459] Jeanne-Baptiste de Bourbon, fille de Henri IV et de Charlotte des Essars, fut légitimée par lettres du Roi, données au mois de mars 1608, et mourut abbesse de Fontevrault, en 1670.

[460] Voy. au [19 septembre 1607].

[461] François-Marie de Médicis, 1er du nom, grand-duc de Toscane.

[462] Dans son livre De l'institution du Prince, Héroard trace ainsi le plan de ce petit catéchisme: «Il sera, ce me semble, bien à propos de dresser un petit catéchisme fort abrégé, et qui contienne seulement les choses nécessaires et celles que le long et légitime usage a fait passer en nature de loi, ayant à prendre soigneuse garde de ne point faire un homme superstitieux au lieu d'un homme pie et vraiment religieux; ne se trouvant aucune chose plus contraire à la religion chrétienne, pure, sans fard et sans macule, comme est la superstition.»