[635] Une comédienne qui devait venir jouer le soir chez le Roi et qui assistait à son dîner. Henri IV écrivait en 1607: «Monsieur de Villeroy, je vous fais ce mot pour vous dire que j'ai permis à l'Ysabelle, comédiante, et à sa compagnie de s'en retourner en Italie.» (Lettres missives, VII, 176.)
[636] Malherbe écrivait le 11 janvier 1610: «Vendredi dernier, M. le Dauphin jouant aux échecs avec la Luzerne, qui est un de ses enfants d'honneur, la Luzerne lui donna échec et mat; M. le Dauphin en fut si fort piqué, qu'il lui jeta les échecs à la tête: la Reine le sut, qui le fit fouetter par M. de Souvray, et lui commanda de le nourrir à être plus gracieux; elle l'a jugé nécessaire pour ce que ce prince, extrêmement généreux, ne veut rien souffrir qui ne lui cède. Il fut à l'Arsenal il y a trois ou quatre jours; j'ai ouï dire à un gentilhomme qui y étoit présent que M. de Sully lui fit un grand accueil; mais que, quoi qu'il fît, jamais il ne s'arrêta à lui et ne le regarda presque point.
«Il y a, depuis huit ou dix jours, au grand cabinet de la Reine un tableau où l'infante d'Espagne est peinte de son long, avec cette inscription: Dona Anna Mauricia d'Austria; l'autre soir M. le Dauphin le montroit à quelques-uns de ces petits qui sont nourris auprès de lui, et leur disoit: «Voilà ma femme.» M. de Souvray lui dit que peut-être les Espagnols ne la lui voudroient pas bailler, et il répondit tout aussitôt: «Eh! il la faudra aller prendre.» Ce prince est pour donner de la besogne à la jeunesse qui sera de son siècle: il est d'un naturel extrêmement bon, mais il veut être respecté, comme il est raisonnable. Madame sera ici dans cinq ou six jours pour faire un ballet.»—(Œuvres de Malherbe, éd. L. Lalanne, tome III, p. 130.)
[637] Le Dauphin en mange ordinairement après ses repas, ainsi que le Roi.
[638] «Les danseurs du ballet, dit Malherbe dans une lettre du 6 février, entraient de cette façon quatre à quatre: les quatre premiers étoient M. de Vendôme et le comte de Cremail, qui alloient ensemble en forme de tours, M. de Termes et la Ferté, petit-fils de M. le maréchal de Fervaques, en forme de femmes de grandeur colossale, suivoient après.
«Des autres quatre, les deux premiers dansoient sous la forme de deux grands pots à fleurs, et les deux derniers sous la forme de chats-huants ou hiboux: les pots étoient le baron de Sainte-Suzanne, etc.; les chats-huants étoient le comte de Roche-Guyon et le baron de la Chataigneraye.
«Des quatre derniers les deux premiers étoient Sesy et Jouy, qui étoient en forme de basses de violes, et les derniers en moulins à vent, qui étoient M. le général des galères et Vinsy.
«Après qu'ils avoient dansé sous ces formes, ils se retiroient au bas de la salle; et là sortoient de dedans ces instruments, et dansoient en leurs formes naturelles quatre à quatre, c'est à savoir les quatre premiers ensemble, puis les quatre seconds, et puis les quatre derniers, et puis dansoient tous ensemble; puis se retirèrent dans leurs machines, et lors les nains sortirent.
«Il ne me souvient pas qui étoit l'autre pot à fleurs avec le baron de Sainte-Suzanne; il n'y eut que les hiboux qui baillassent des vers.» (Œuvres de Malherbe, 1860, in-8o, tome III, p. 138.)
[639] «Le Roi étant allé à Saint-Germain eut avis que dans la forêt on avoit vu cinq hommes avec des pistoles; la forêt fut visitée, et ne trouva-t-on rien. On a su depuis que c'étoit une querelle particulière. Ce n'est pas chose qui vaille être écrite; mais il n'y a point de mal qu'on sache que cet éléphant n'est qu'une mouche.» (Lettre de Malherbe du 2 février 1610.)