Le 18, jeudi.—M. de Mansan, gentilhomme gascon, nourri et élevé par M. de Vic, gouverneur de Calais et capitaine aux gardes du Roi, arrive à Saint-Germain en Laye avec sa compagnie, pour la garde de Monseigneur le Dauphin, pendant que S. M. fait son voyage en Poitou.

Le 19, vendredi, à Saint-Germain.—A dix heures et demie M. d'Arquery le vient voir. A sept heures trois quarts, lettres du Roi par M. Guérin.

Le 20, samedi.—A midi M. du Passage, Mme de Fonlebon et ses filles; il a fort caressé la petite Charlotte de Fonlebon.

Le 21, dimanche.—A deux heures, M. de Bouqueron, président au parlement de Grenoble, M. de Chevrier, conseiller en ladite Cour, le viennent voir.

Le 22, lundi.—A neuf heures et demie, M. le duc de Bouillon, M. de Salignac, M. de Sancy et le jeune Sardini et son frère. A douze heures et demie, Hieronimo Taxis, ambassadeur d'Espagne, tête nue, fait une grande révérence et prend la main de monseigneur le Dauphin Avr
1602 sans la baiser; dit qu'il n'a pas voulu partir sans l'avoir vu auparavant. Le Dauphin est remué en sa présence. L'ambassadeur se tenoit tout debout, accompagné desdits sieurs; sur ce qui lui fut dit par M. de Sancy[36] qu'il en falloit faire un mariage, il répondit qu'il n'étoit rien qui ne se pût faire, que la reine de France étoit grosse et la leur aussi, qu'ils avoient une damoiselle et maintenant ils auroient un fils et nous une fille, et puis que l'on mettroit tout ensemble[37].

Le 24, mercredi, à Saint-Germain.—Il s'est fort joué à sa peinture[38], que je lui ai apportée de Paris.

Le 27, samedi.—A quatre heures M. le connétable l'envoie visiter; viennent aussi Mme Deschamps, Mlle de Ligny, Mlle d'Ouailly.

Le 28, dimanche.—M. le baron de Saint-Blancart, de la part de M. de Biron[39], son beau-frère, avec lettre à Mme de Montglat, copie ci-attachée[40].—M....., lieutenant Avr
1602 général[41] à Fontenay le Comte, âgé de quatre-vingts ans, arrive en jupe, se met à genoux et à pleurer, le voit remuer, et s'en retournant dit à Mme de Montglat qu'il plût à Dieu de donner à Monseigneur le Dauphin le bonheur de son père, la valeur de Charlemagne et la piété de saint Louis; et s'étant retourné pour s'en aller, étant au coin du grand pavillon, lève les mains au ciel et dit: «Dieu m'appelle quand il lui plaira, j'ai vu le salut du monde.» A trois heures M. de Sillery-Brulart et sa femme, M. de Berny, son frère et sa femme.

Le 29, lundi, à Saint-Germain.—A sept heures, Messire Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, le vient voir.

Le 30, mardi.—A onze heures viennent Mme et Mlle de Guise; dîné avec Mme de Montglat. Mme de Guise l'a porté et fait danser. A quatre heures MM. Archambaud, Corbonois et leurs femmes. A onze heures après midi, lettres du Roi, de Blois, du 28, faisant mention de sa fluxion sur le pied[42] et recommandation de son fils Alexandre et de Mademoiselle.