Le 9, jeudi.—Il reconnoît mes cousins Pierre et Claude Héroard, qu'il avoit vus le soir auparavant.

Le 19, dimanche.—Les cheveux lui éclaircissent en blondeur.

Le 23, jeudi.—Alexandre Monsieur lui donne sa chemise, et soudain, l'ayant prise, il lui élance un coup de sa main pour le frapper; il ne le pouvoit souffrir.

Le 26, dimanche.—M. de Pardaillan-Panjas arrive, lui portant de la part de Mme la duchesse de Bar, sa tante, des armes complètes de la hauteur d'un demi-pied; il y prend plaisir.

Le 27, lundi.—A midi porté en la cour au Roi, qui arriva à douze heures et demie. Porté au dîner du Roi, assis au bout de la table; le Roi lui jette une orange, et lui la renvoie au Roi; le Roi lui donne à tâter du vin. Le Roi part pour s'en retourner à Paris à deux heures et demie. Le Dauphin va après Mlle Mercier, qui glapissoit pour ce que M. de Montglat lui bailloit de sa main sur les fesses; il glapissoit de même aussi. Elle s'enfuit à la ruelle, M. de Montglat la suit, et lui veut faire claquer la fesse; elle s'écrie fort haut, le Dauphin l'entend, se prend à glapir fort aussi, s'en réjouit et trépigne des pieds et de tout le corps de joie, tournant sa vue vers ce côté-là, les montre du doigt à chacun. Amusé, dansé aux branles, étant par avant songeart et triste pour ne voir personne; l'on fait venir ses femmes; il se prend à les faire danser, se joue à la petite Marguerite, la baise, l'accole, la renverse à bas, se jette sur elle avec trépignement de tout le corps et grincement de dents. Amusé jusqu'à Janv
1603 neuf heures, gai, nous tire des arquebusades[61] et surtout à Mlle Mercier, s'étant pris à rire aussitôt qu'il l'a vue. Il s'efforce de la fouetter sur les fesses avec un brin de verges; Mlle Bélier lui demande: «Monsieur, comment est-ce que M. de Montglat a fait à Mercier? Il se prend soudain à claquer de ses mains l'une contre l'autre avec un doux sourire, et s'échauffe de telle sorte qu'il étoit transporté d'aise, ayant été un bon demi-quart d'heure riant et claquant de ses mains, et se jetant à corps perdu sur elle, comme une personne qui eût entendu la raillerie.

Le 30 janvier, jeudi.—Il s'essaye à fouetter un sabot; mange et avale du canard, première viande qu'il a mangée; mange du chapon, trouve tout bon.

Le 1er février, samedi, à Saint-Germain.—Éveillé à neuf heures trois quarts, levé, gai, riant, bon visage. Le sieur dom Garcia, le sieur Conchino arrivent à l'heure de l'habiller. Il se jouoit à un carrosse du palais où il y avoit quatre poupées; l'une étoit la Reine, les autres Mme et Mlle de Guise et Mme de Guiercheville. On les lui faisoit montrer, les nommant par leurs noms; il les montroit du doigt. Le sieur Conchino lui va demander: «Monsieur, où est la place de ma femme?» En disant: Ah! il lui montre une avance qui étoit par dehors, au cul du carrosse. Il ne veut point prendre un grain de fenouil confit du sieur Conchino, à qui Mme de Montglat l'avoit baillé pour le lui donner, s'en recule du tout, le regardant, comme importuné. A douze heures et demie le baron Pophlech, saxon; il lui donne à baiser sa main.

Le 7, vendredi.—Bon visage mais gercé du grand froid[62].

Fév
1603

Le 12 février, mercredi, à Saint-Germain.—A cinq heures et un quart, le Roi, la Reine arrivent de Paris comme on achevoit de l'habiller; ils le baisent. Le Roi et la Reine vont chez Madame, et lui avec; porté à sept heures et un quart en la chambre du Roi pour y souper; rapporté en sa chambre. Le Roi et la Reine y viennent, se jouent à lui.