Le 2 janvier, vendredi, à Saint-Germain.—Il reçoit la bourse des jetons du Roi apportée par M. Plassin.

Le 7, mercredi.—Le Roi, le vient voir et se joue à lui gaiement. On met le Dauphin en si mauvaise humeur qu'il fault de crever à force de crier, et tout fut en si grande confusion jusques à six heures que je n'eus point le courage de remarquer ce qu'il fit, sinon qu'il vouloit battre tout le monde, criant à outrance; fouetté longtemps après.

Le 8, jeudi.—Il va voir le Roi à dix heures et demie et va à la chambre de la Reine; à douze heures et demie dîné avec la Reine.

Le 9, vendredi.—A onze heures mené au Roi; dîné à deux heures[84] debout sur un placet[85]. Le Roi l'envoye querir en la chambre de la Reine pour voir Mme de Montpensier.

Le 10, samedi.—Mené au Roi en son cabinet; soupé à six heures avec le Roi.

Le 11, dimanche.—A douze heures et demie mené en la chambre du Roi; dîné avec le Roi et la Reine. A deux heures le Roi et la Reine s'en vont. Le Dauphin n'est plus couché les après-dînées.

Le 12, lundi.—Le Dauphin bégaye en parlant[86]; on remarque que ce a été depuis deux jours auparavant, Janv
1604 quand le Roi, couché dans le lit, prenoit plaisir à le faire railler avec le petit Frontenac, qui bégayoit. Il se fâche quand il ne peut prononcer promptement.

Le 14, mercredi, à Saint-Germain.—A une heure et demie arrive Juan Hieronimo de Taxis, ambassadeur du roi d'Espagne qui vient prendre congé de M. le Dauphin. A cinq heures le Roi arrive, revenant de la chasse; il jette ses bras au col du Roi. A six heures et un quart, soupé avec le Roi; à sept et demie, en sa chambre, il chante la chanson qu'on lui avoit apprise:

La Clavelle[87] a deux laquais

Qui savent porter poulets