Le 19, mercredi.—Il va le soir à la comédie françoise.

Le 22, samedi.—Il va chez la Reine sa mère, la trouve à table qui dînoit, y a mangé beaucoup de pain de Mlle de Vendôme, seul et avec de la bouillie de la Reine. Il va à la plaine de Grenelle, puis revient chez sa mère et chez la Reine.

Le 27, jeudi.—Le soir il recorde son ballet[262].

Le 31, lundi.—Il étoit malade, dit qu'il sent ses pieds comme s'il les avoit enflés, se plaint de la colique; bu de l'eau cuite avec du julep rosat, mis une éponge abreuvée de décoction sur sa douleur. Un quart d'heure après je l'entends râler et ronfler fort haut, j'y accours; je le trouve la bouche en bas, contre son bras, je le lève, le porte en terre, et le doigt en la bouche pour lui ouvrir les dents, tant que le sieur de Piolive lui met le manche de son couteau en la bouche; perd les sens; vin, eau-de-vie, promené, eau-de-vie, toujours promené; l'accès dure environ un demi quart-d'heure; remis au lit; c'étoit une convulsion. A huit heures soupé en présence de la Reine sa mère.

Le 1er novembre, mardi.—Il est saigné pour la première fois, à la basilique du bras droit, par Ménard, chirurgien de la Reine sa mère.

Le 2, mercredi.—Il continue à se plaindre, est entretenu par des contes que lui fait sa nourrice, se fait changer de lit.

Le 5, samedi.—Levé en robe et en bottines, il va faire lever M. de Luynes au cabinet, et se couche sur son Nov
1616 matelas, où il s'amuse sans dormir jusques à près de trois heures, se plaint en se couchant, disant: Je ne saurois dormir, je vois bien que je rêve; soudain il s'endort jusques à une heure après minuit.

Le 9, mercredi.—Levé en robe, il promène un peu. Remis au lit, il s'amuse à écrire lui-même le ragoût des mauvais bouffons de la cour.

Le 10, jeudi.—Sa première sortie; il va par la galerie aux Tuileries, puis chez la Reine et chez la Reine sa mère; va en son cabinet des armes.

Le 22, samedi.—Il va en la grande galerie, accompagné d'un exempt des gardes, du sieur de Mataret, gouverneur de la ville et château de Foix, et d'un autre. Regardant à tout s'il étoit suivi, il se met assez avant en l'une des fenêtres qui regardoit sur la rivière, quand le maréchal d'Ancre entra, accompagné de plus de cent personnes, et s'arrêta aussi à une des fenêtres sans aller vers le Roi, se faisant faire la cour par tous, tête nue; mais il savoit bien que le Roi étoit là, car on lui avoit dit, l'ayant demandé en la chambre. Il s'en va aux Tuileries, le cœur plein de déplaisir.