Le 15, dimanche.—Paré pour aller au bal chez la Reine sa mère, il y descend à neuf heures et demie, où il y eut bal et y dansa, et revint à deux heures après minuit.

Le 19, jeudi.—Il recorde son ballet deux fois dans la journée. Entretenu le soir en se couchant, il dit qu'il n'aime plus la chasse; les deux jours précédents, il n'y avoit point eu de plaisir. Il faisoit mauvais temps.

Le 22, dimanche.—A neuf heures et demie il va chez Janv
1617 la Reine sa mère, pour y voir le ballet de M. le comte d'Auvergne, en revient à une heure et demie après minuit.

Le 29, dimanche.—Il va souper en la chambre de M. de Luynes, aux Tuileries, qui boit à sa santé. Le soir il donne son ballet, qui ne commence, par suite de difficultés, qu'à deux heures et demie, et entre dans la salle de bal avec beaucoup de peine, à cause de la foule du monde, où il se trouve une demoiselle qui se prend à ses chausses, disant: «Si vous entrez, j'entrerai».—Il entre, et danse le ballet dont le sujet étoit les Amours d'Armide et de Renaud; cela dure jusques à cinq heures[264].

Le 2 février, jeudi.—Mis au lit, il s'amuse à faire habiller huit ou dix des siens de certains habits qui avoient servi à d'autres ballets, les fait danser au violon, lui jouant du tambour.

Le 4, samedi.—Il va à la volerie, en l'étang de Massy et à Longjumeau, où il prend le héron dans le jardin de maître Jehan Philippy, chirurgien ordinaire de Sa Majesté. Le soir il va voir jouer une tragi-comédie espagnole par les filles de la Reine.

Le 6, lundi.—Il fait encore la collation chez le sieur Philippy, mange des cerises sèches, en met dans sa pochette. Après son souper il va chez la Reine, où il s'endort, sur deux escabeaux qui plient et un oreiller, jusques à près d'onze heures; à minuit il va chez la Reine sa mère, où il voit danser un ballet de la Reine; revient à une heure.

Le 7, mardi.—Il va chez la Reine sa mère, où il voit danser le ballet du prince de Joinville, en revient à deux heures après minuit.

Le 11, samedi.—Il va aux Tuileries où il court un Fév
1617 chevreuil avec ses petits chiens, va aux Feuillants. En dînant il me dit qu'il ne se trouve pas bien, qu'il râle, a l'estomac pesant, et est dégoûté; il étoit enrhumé, dit qu'il pense qu'il auroit besoin de prendre quelque chose. Après son dîner il va chez sa mère, chez la Reine, retourne aux Tuileries. Avant de se coucher il va chez la Reine sa femme, jusques à onze heures.

Le 19, dimanche.—Il s'amuse doucement, gaiement, fait battre à coups de poing les petits pages de la musique, et puis leur donne un écu à chacun.