Le 17, jeudi.—Il va en son cabinet, où je lui demandai s'il toucheroit des malades; il y avoit de la peste à Paris.—Non, mais ces gens-ci me pressent si fort, si fort; parlez à eux, ils me persécutent si fort. Ils disent que les Rois ne meurent point de la peste (en colère); ils pensent que je sois un Roi de cartes: parlez-leur, dit-il au père Arnoux.
Oct
1619
Le 18, vendredi.—Il part pour Chantilly.
Le 20, dimanche, à Chantilly.—A trois heures, dans le petit cabinet de la tour de sa chambre, il reçoit M. le prince de Condé et Mme sa femme sortant de prison du bois de Vincennes, d'où ils étoient partis à onze heures, conduits par M. de Luynes. D'abord M. le Prince met les deux genoux en terre, il demande pardon; ce qu'on put entendre du Roi en le relevant fut qu'il falloit oublier toutes les choses passées, et que M. le Prince répondit «C'est ce que je demande». Mme la Princesse en fit autant, mais le Roi la releva, n'attendant pas qu'elle eût les genoux en terre, et la baisa et Mme de Ventadour, qui l'avoit accompagnée. Le Roi va montrer à M. le Prince ses oiseaux; à quatre heures ils se séparent.
Le 22, mardi.—Retour à Compiègne.
Le 1er novembre, vendredi.—Il touche trois Portugais malades des écrouelles, aux Minimes.
Le 2, samedi.—Revenant au quartier des mulets de Monsieur, son frère, il reçoit une grande plainte de nombre de paysans contre le capitaine des mulets, sur ce qu'il ne leur payoit que quatre sols par mulet, lui qui en avoit vingt. Il le condamne à être pris au corps, ramené au village, et à payer plus qu'il n'avoit convenu avec les paysans. Il ordonne pour premier président M. de Tavannes[324], M. de Grissac, gentilhomme de la vénerie, M. des Chapelles qui avoit le vol du cahier pour greffier, et quelques autres pour la capture, et assista à l'exécution; fait fouetter un des garçons de ce capitaine qui faisoit le rieur et le suffisant[325].
Le 13, mercredi.—Il va à sept heures du matin chez Nov
1619 M. de Luynes, en sort pour l'accompagner, allant à Paris au parlement, pour faire enregistrer ses provisions de duc et pair.
Le 24, dimanche.—Il a bu de l'hypocras de cidre de Vaugrineuse; le soir il envoya querir un gobelet et une bouteille d'hypocras de cidre, en boit deux coups, et en fait boire à tous ses gentilshommes présents.
Le 5 décembre, jeudi.—Il va au conseil, chez la Reine, chez M. de Luynes. A trois heures il donne audience au comte de Furstemberg[326], ambassadeur extraordinaire de l'Empereur pour avoir secours contre les Bohêmes.