Le 5, mercredi.—Il va chez la Reine qui étoit fort malade de fièvre continue, double, tierce, n'en veut aucunement sortir pour aller prendre l'air. Il revient souper, Fév
1620 va encore chez la Reine, monte après chez M. de Luynes, revient à dix heures se coucher.
Le 6, jeudi.—Amusé diversement, il ne sort point, à cause de la maladie de la Reine, de laquelle il étoit vivement touché.
Le 11, mardi.—Il va en carrosse à la foire de Saint-Germain-des-Prés; va chez la Reine, au conseil.
Le 14, vendredi.—Il va à six heures en carrosse à la volerie à Roissy, y a dîné. Le Roi m'avoit commandé de demeurer près de la Reine.
Le 17, lundi.—Il part de Juilly, arrive au Bourget portant un grand faucon sur le poing, ayant le vent à la face et la pluie sur le dos. Il entre à l'hôtellerie, lui onzième, fait lui-même une omelette avec du pain et autres choses, fort épaisse, la fait rissoler, en mange un peu et a bu un coup de vin fort trempé; arrive à Paris, et va chez la Reine.
Le 18, mardi.—Il va au Palais pour la vérification de quelques édits; à dix heures va en la grande salle, où il voit danser le ballet de M. le prince de Condé; on l'appeloit le Ballet des ivrognes.
Le 19, mercredi.—Il va chez la Reine, se plaint de lassitude, s'assied contre sa coutume, va au conseil.
Le 20, jeudi.—Il assiste dans le grand cabinet de la Reine aux fiançailles de M. de Liancourt, premier écuyer de la Reine, avec Mlle de Schomberg[332].
Le 26, mardi.—Avant son souper furent faites en sa présence les accordailles du fils aîné de M. de Guise avec Mlle de Bourbon, fille aînée de M. le prince de Condé[333], Fév
1620 et du fils puîné de M. de Guise avec la fille de M. de Luynes[334].
Le 3 mars, mardi.—Il va chasser à Ouarthy, où il arrive à quatre heures et demie. A une lieue de Clermont, il voloit une corneille, une aigle fond pour la prendre et la tenoit, et l'élève en haut. Le Roi demande son harquebuse; on la lui baille n'étant chargée que de poudre et de plomb. Il la tire en l'air de la hauteur d'un clocher, et lui rompt l'aile droite; elle tomba à bas de ses pieds; il la fait prendre et mener à son logis.