Le 3 mai, lundi.—Il va à la comédie françoise à Orléans, part d'Orléans dans le bateau, le lendemain matin à huit heures, dîne dans le bateau; arrive à Blois à quatre heures, va au conseil. Le soir il va chez la Reine après son souper[350].

Le 14, vendredi.—Il va chez la Reine, chez le connétable (M. de Luynes) au conseil, reçoit la Reine sa mère, à trois heures, laquelle s'en retourne coucher à Bourgueil.

Le 16, dimanche.—Il va voir la Reine sa mère, qui étoit venue de Bourgueil pour lui dire adieu.

Le 18, mardi.—Il arrive de Thouars à Parthenay pour la première fois, ne veut pas du dais, dit qu'il est assez assuré de la fidélité des habitants; il craignoit la cérémonie.

Le 29, samedi.—Il part de Niort, va à Chizay, va chez le connétable, monte à cheval, va voir passer l'artillerie qui étoit à Briou, en fait tirer douze canons pour les faire entendre à ceux de Saint-Jean-d'Angély[351].

Le 30, dimanche.—Il touche des malades et loge au château de la Thibaudière, au bourg de Chizay, se confesse, va à l'église et touche les malades; revient ensuite dîner.

Le 31, lundi.—Il dîne d'un demi-pain de munition, sans Mai
1621 boire, chez M. de Lesdiguières à Saint-Julien; puis, avec lui et le connétable, il va reconnoître la ville de Saint-Jean-d'Angély.

Le 2 juin, mercredi.—Il tient conseil en l'église de Saint-Julien, et fait sommer M. de Soubise de lui rendre la place et de se rendre. Il a répondu être très-sujet et serviteur du Roi, mais ne la pouvoir rendre, la place lui ayant été commise par le sieur de Rohan, son frère, en sa garde.

Le 3, jeudi.—A deux heures il va à Aulnay voir la Reine; y allant à cheval, étant sur une hauteur avec M. le connétable et le maréchal de Praslin, sur une fourche de chemin, doutant quel chemin ils prendront, sur cette dispute ils s'arrêtent. Cela donne loisir aux assiégés de pointer un canon sur eux; comme ils commencent à démancher sur la main droite, par l'avis de M. de Praslin, ils virent la balle, et elle tomba à dix pas devant le Roi, qui n'en demeura non plus ému que de rien. Il arrive à cinq heures à Aulnay.

Le 5, samedi.—Le matin, en s'habillant, il s'informoit comment étoit fait M. de Navailles, qui sans son passeport étoit venu voir son frère blessé d'une mousquetade au coude[352]; l'ayant vu par la fenêtre, sortant de la chambre de M. le connétable et s'en retournant par sa permission, le père Arnoux entra. Le Roi lui dit: Je viens de voir un Navailles qui s'en retourne.—«Comment, Sire, le laissez-vous aller?»—Oui, pour ce que je lui ai donné ma foi: vous eussiez bien voulu que je l'eusse rompue.—«Mais, Sire, il est criminel de lèse-majesté!»—C'est tout un; s'il a fait une faute, je n'en veux pas faire un cent.