Le 9, vendredi.—Le soir les habitants sortis de Bergerac demandent pardon; ils avoient, disent-ils, donné de l'argent pour sortir[356].
Le 10, samedi.—A Saint-Émilion il loge en l'église.
Le 19, lundi.—Il part de Saint-Berthoumion, ne peut passer le petit ruisseau nommé Tolosat[357], étrangement débordé à cause de la grande et continuelle pluie, attend deux grosses heures durant, attendant nouvelles du passage, et cependant la pluie invariable en impétuosité et abondance tombe sur lui, qu'il enduroit, n'ayant jamais voulu se mettre à couvert, disant que les autres n'y étoient point. Après avoir vu qu'il étoit impossible de passer le ruisseau, il rebrousse au dernier lieu et arrive à Hautevigne, maison du baron Fumel[358]. Il étoit neuf heures; il ne se veut essuyer ne débotter, va à la cuisine, où il aide aux préparatifs de son dîner. Les officiers étoient allés la nuit à Tonneins, et avoient passé avant le débordement. Le Roi passa le demeurant de la journée en peine, à cause du mauvais temps, prépara le souper comme il avoit fait le matin, mais plus abondant, car le matin l'on n'avoit trouvé aucunes choses.
Le 23, vendredi[359].—Éveillé à cinq heures par impatience Juil
1621 pour aller voir un combat qui se devoit faire contre ceux de Clérac, où alloit le maréchal de Lesdiguières. Il va chez la Reine, chez M. de Luynes, à dix heures monte à cheval et va faire les approches devant Clérac; voit tous les combats qui se firent à diverses fois, où le maréchal de Terme est blessé au bras gauche et au poumon du côté gauche[360]. Il revient à sept heures chez la Reine.
Le 24, samedi.—M. de Termes meurt à deux heures; la balle, qui perçoit le diaphragme et l'estomac, se trouva contre le cœur sans l'offenser.
Le 30, vendredi.—Il va au camp devant Clérac pour voir commencer les batteries.
Le 5 août, jeudi.—Clérac se rend à la discrétion du Roi[361].
Le 7, samedi.—Il va en la chambre de M. le connétable où il fait tenir le scel en sa présence, M. le connétable faisant la charge de garde des sceaux, accompagné du maître des requêtes et autres officiers du scel. Jugement du Roi sur une lieutenance de vétérans, présentée par Barbereau, huissier de sa chambre. Entendant ce mot, et toutefois en ayant autrefois entendu parler, il demande: Qu'est-ce qu'un vétéran? Lui ayant été répondu et pour qui c'étoit, il dit: Cela ne se donne qu'aux soldats qui le gagnent, et avec beaucoup de peine, et au péril de leur vie; ceux-ci n'ont point de peine; il lui fut dit: «Sire, les chanceliers et gardes des sceaux l'ont toujours Août
1621 scellé sans difficulté.»—C'est tout un, il le faut renvoyer au conseil; et ce ne fut scellé.
Le 17, mardi.—Il quitte Moissac, arrive à Piquecos, château appartenant à M. le marquis de Montpezat[362], à une lieue de Montauban.
Le 30, lundi.—Il va chez M. le connétable[363], assiste au sceau.