Le 27, lundi.—Il part d'Orléans, entre en bateau, encore qu'il fît grand vent et contraire, ne craint pas, déjeûne dans le bateau, met pied à terre à Beaugency.
Le 31, jeudi.—Il arrive à Blois, chez la Reine sa mère.
Le 5 avril, mardi.—Il part de Blois, s'embarque pour Nantes avec M. de Soubise, arrive à quatre heures à Tours. Logé près de Saint-Julien, il va chez M. de Souvré, où il a soupé.
Avr
1622
Le 7, jeudi.—Il va à l'abbaye de Saint-Florent où il a goûté. M. l'évêque de Cominges[381], qui en étoit abbé, lui a donné la collation.
Le 9, samedi.—Il arrive à Ancenis, maison de M. de Vendôme, qui donna le festin fort magnifique.
Le 10, dimanche.—Reçu à Chassay près Ancenis, par la maison de l'évêque; étant au lit, il y parle de M. le connétable. Il en contoit bien des choses qu'il lui demandoit, et entre autres qu'il lui dit qu'il lui falloit donner 4,000,000 d'or; qu'il n'avoit jamais vu tant de parents.
Le 13, mercredi.—Il va au conseil, sur le rapport, fait par M. le Prince, que M. de Soubise avec toute son armée étoit entré dans l'île de Riez.
Le 14, jeudi.—Il part de Legeay, voit son régiment des Suisses, ne laisse pas de chasser à la harquebuse; à onze heures n'ayant rien à dîner, il mange du pain qu'il fait acheter des Suisses et un peu de fromage dont il n'avoit jamais mangé, arrive à Chalan, où il dîne.
Le 15, vendredi, à la Chaussée.—M. le prince de Condé lui envoie demander des secours; il quitte son dîner, et dit: Je y veux aller!—Il monte à cheval; va à deux lieues de chemin, couche dans une petite masure, tout vêtu, sur de la paille, sa robe dessus, son manteau dessous, y dort deux heures par sommes entrecoupés, par soin de se lever pour aller à la guerre[382].