[181] La paix entre la Reine et les princes fut signée le 15 mai suivant à Sainte-Ménehould.

[182] «Je fus hier au Louvre, mais je n'y appris rien, à cause que l'on ne voyoit point la Reine, et n'y entra homme quelconque que le Roi.» (Lettre de Malherbe, du 22 avril.)

[183] Claude Vignier, président au parlement de Metz, négociateur de la Reine près du prince de Condé. «Il ne tenoit qu'à Amboise, que la Reine avoit fait quelque difficulté de bailler.» (Lettre de Malherbe, du 3 mai.)

[184] Jean de l'Espez, seigneur de l'Hostelneau, etc., depuis capitaine major au régiment des gardes françaises.

[185] Ou moine bourru, fantôme, revenant, qui était un objet de superstition. «Ce fantôme, ajoute M. Littré, était ainsi dénommé parce qu'on le représentait vêtu de bourre ou bure.» Malherbe écrivait à Peiresc, le 8 janvier 1613: «Nous avons ici un compagnon du moine bourré, à qui l'on avoit donné le nom de Tasteur; l'on dit que c'étoient bons compagnons, qui avoient des gantelets de fer, et au bout des doigts des ergots de fer, de quoi ils fouilloient les femmes, et qu'il y en avoit à tous les quartiers.»

[186] «Dimanche dernier, le comte de Crissey vint apporter au Roi une lettre de M. le Prince. Le Roi étoit tout au haut du Louvre, en une fenêtre qui regarde sur la cour; comme on le lui vint dire, il commanda qu'on allât querir M. de Souvray, qui étoit allé dîner et n'étoit point revenu, afin qu'il le lui présentât. M. de Souvray venu, on fit entrer cet ambassadeur, qui dit au Roi que M. le Prince lui baisoit très-humblement les mains et lui avoit baillé cette lettre pour lui rendre, avec commandement de l'assurer qu'il étoit son très-humble serviteur. Le Roi répondit: «Que fait-il? Comme se porte-t-il?» Et là-dessus lut la lettre; puis dit à M. de Souvray qu'il vouloit aller ouïr vêpres aux Cordeliers, ce qu'il fit sans dire autre chose au comte de Crissey.» (Lettre de Malherbe, du 20 mai.)

[187] Nom vulgaire du loriot.

[188] «M. de Longueville est arrivé aujourd'hui sur les cinq ou six heures du soir; il est allé descendre chez M. le comte de Saint-Pol, et de là s'en sont venus, sur les sept heures, chez le Roi. Sa Majesté étoit sur le perron qui est au bout de la galerie dorée, où vous vîtes recevoir les ambassadeurs d'Espagne pour le mariage. Comme M. de Longueville est entré dans la galerie, il n'y a pas eu fait une douzaine de pas, que le Roi est sorti du perron et est venu au-devant de lui, et l'a rencontré plus près de la porte que de là où il étoit parti... M. de Longueville a fait quelque petite harangue, et le Roi une réponse encore plus courte... Le Roi lors s'en alloit souper; M. de Longueville a été à la moitié de son souper, où il ne s'est parlé que de propos communs. De là M. de Longueville s'en est allé aux Tuileries voir la Reine; cela m'a trompé, car je m'imaginois qu'il seroit avec le Roi jusques au retour de la Reine, et que de là le Roi allant chez la Reine, comme il fait tous les soirs après souper, le mèneroit avec lui... Comme M. de Longueville eut vu le Roi, et lui eut tenu compagnie jusques à la moitié de son souper, il s'en alla aux Tuileries trouver la Reine; elle étoit au bout de la grande allée, où elle oyoit chanter le Villars et un page que la reine Marguerite y avoit amenés; la Reine étoit debout. M. de Longueville, après deux grandes révérences, lui baisa le bas de la robe. Elle lui fit signe avec la main qu'il se relevât, ce qu'il fit et se retira deux pas en arrière, sans dire mot quelconque. Lors la Reine lui dit: «D'où êtes-vous parti aujourd'hui?» Il répondit qu'il étoit parti de Trie, à cinq postes d'ici. Puis elle lui dit que la barbe lui étoit venue, et qu'il la falloit couper: ce fut là tout le discours. La Reine étoit masquée, qui fut cause que l'on ne put rien juger de sa passion par son visage.» (Lettres de Malherbe à Peiresc, des 31 mai et 1er juin.)

[189] François-Alexandre-Paris de Lorraine, tué le 1er juin 1614, à Baux en Provence, par l'explosion d'une pièce de canon.

[190] C'est-à-dire depuis que ce nouveau jeu de paume avait été couvert.