Le 22, mercredi.—Mené en carrosse sur la route de Moret, il met pied à terre et se joue sur le chemin et par les brossailles. Après souper il va en la galerie lambrissée, où il voit jouer une farce, puis va chez la Reine.

Le 24, vendredi.—Après souper il est mené au jardin des fruitiers, où il court un lièvre avec ses petits chiens; ramené à huit heures et demie, il fait tirer des fusées en la cour du donjon, puis va chez la Reine, y joue à je m'assieds.

Le 25, samedi.—Mené aux jardins, il leur va dire adieu[82]; M. de Souvré lui envoie dire qu'il donne sept Juin
1611 ou huit écus au jardinier de la Reine, qui lui avoit donné des abricots et étoit pauvre: Je lui en donne douze, dit le Roi, et il les lui donne.

Le 26, dimanche, à Fontainebleau.—Dévêtu, il se fait bailler son réveille-matin, le met à trois heures; je lui dis qu'il étoit bien matin, il le pousse jusques à la demie, et dit à M. d'Heurles: D'Hurle ne y touchez pas, je vous le dis, mais je vous le dis. Mis au lit, il se fait lire par M. de Préaux, et s'endort à dix heures.

Le 27, lundi, voyage.—Éveillé à douze heures et demie après minuit, doucement, il demande: Quelle heure est-il? C'étoit de soin qu'il avoit de se lever matin, pour partir de bon matin pour aller à Paris; il se fait montrer le réveille-matin pour voir si on l'abusoit de lui avoir dit qu'il n'étoit que douze heures et demie, se rendort à deux heures jusques à trois heures et demie; éveillé par le réveille-matin: Ça, ça, debout, debout. Levé, vêtu, à quatre heures et demie il va à la messe en bas, et à cinq monte en carrosse et part de Fontainebleau. Arrivé à Essonne à huit heures, au Lion, il voit un poulain de deux mois, demande s'il étoit à vendre. L'hôtesse lui dit qu'oui; enquis du prix (ce fut dix écus), il les donne. Quelqu'un lui dit que c'étoit trop: C'est tout un, c'est tout un; il aimoit naturellement à donner. Il veut aussi acheter un ânon et un jeune pourceau: Nous mettrons tout ensemble, dit-il en se jouant. Pendant son dîner il fait mener devant lui le poulain, lui fait donner de la paille, du foin, du pain, du lait, et commande à un des garçons de sa chambre de le mener à Corbeil, de le y embarquer et qu'il lui baillera de l'argent pour faire sa dépense et du poulain. Il va aux galeries, y fait monter l'ânon et monter dessus M. le chevalier de Vendôme, fouette l'ânon qui court, et quelque coup échappe sur le Chevalier. A trois heures goûté, monté en carrosse. Le baron de Vitry, sortant de l'hôtellerie, avoit pris des cerises et les mangeoit dans le carrosse; le Roi l'en reprend aigrement: Comment, Juin
1611 Vitry, voulez-vous faire des vilainies ici et gâter mon carrosse!
Peu après M. de Vendôme se met à manger des abricots tirés de sa pochette: Quoi, voulez-vous faire un cabaret de mon carrosse! Il arrive à Paris à six heures et demie, ne se veut point débotter pour souper.

Le 28, mardi, à Paris.—Étudié, mené chez la Reine, puis à la chapelle de l'antichambre de la Reine.

Le 29, mercredi.—Mené promener en la galerie, puis en carrosse à la première messe de M. de Champvallon, abbé de Saint-Victor à Paris et depuis archevêque de Rouen[83], qui fut chantée [en Sorbonne].

Le 6 juillet, mercredi, à Paris.—Étudié, etc.; à trois heures et demie goûté, puis il va chez la Reine, lui demande congé d'aller à Saint-Germain-en-Laye, et dit avoir prié Mme de Guise de l'obtenir. La Reine lui répond: «Je le veux bien pour l'amour de vous; ce que je fairai pour vous, je ne le fairai pour personne; mais il faut que vous demeuriez ici demain pour répondre le cahier[84] de ceux de la Religion».—Madame, vous le fairez bien sans moi; aussi je suis trop jeune. Il va en Bourbon voir sa petite écurie.—Mis au lit, il se fait apporter ses montres et son réveille-matin pour les mettre à six heures, qu'il se vouloit lever pour aller à Saint-Germain voir Messieurs et Mesdames.

Le 7, jeudi.—Éveillé à six heures au son du réveille-matin, levé, etc., déjeuné, mené à la messe en Bourbon, puis à sept heures et demie il monte en carrosse et à cheval au delà du port de Neuilly, arrive à neuf heures et trois quarts à Saint-Germain; à quatre heures il part à cheval et arrive en carrosse à Paris à sept heures.

Juil
1611