Le 12 novembre, mardi.—Il va en son cabinet; il faisoit un très-mauvais temps de pluie; il dit: Ah! que voilà un beau temps pour étudier; quand je n'aurois pas envie d'étudier, voilà un temps qui me la feroit venir. M. de Souvré, étudions, devenons savants.

Le 19, mardi.—Il va chez la Reine, où M. le marquis d'Ancre prête le serment de maréchal de France, où il étoit parvenu deux jours auparavant, par la mort de M. de Fervaques. Il lui dit par discours qu'il avoit grand sujet d'être son serviteur, lui qui étoit étranger venu en France sans rien, où il avoit reçu tant de bienfaits de Sa Majesté et de la Reine, sa mère, que cela l'obligeoit à demeurer son serviteur tant qu'il vivroit, et qu'il seroit bien misérable s'il n'en ressentoit l'obligation. M. de Montmorency, amiral de France, prend congé du Roi pour aller en Languedoc voir M. le connétable, son père.

Le 28, jeudi.—Il va en carrosse au faubourg Saint-Germain voir Monsieur, en l'hôtel du Luxembourg, puis chez la reine Marguerite.

Le 8 décembre, dimanche.—Il va à la salle du conseil pour assister aux fiançailles du marquis de Sablé Déc
1613 et de Mlle de Souvré[161], revient en courant pour ne point baiser Mme de Guémené, qui n'avoit plus vingt ans[162].

ANNÉE 1614.

[Les arquebuses du roi, ses étrennes].—[L'émailleur] et le [tourneur] du Roi.—[Le Roi n'apprend plus le latin].—[Chasses, comédies et ballets].—[Affaire de M. de Livarot].—[Le vin bourru].—[Audience de M. de Thou].—[Vers du Roi].—[Incendie chez la reine Marguerite].—[Mort du connétable de Montmorency].—[Revue au Pré-aux-Clercs].—[Affaires et paix des princes].—[Le moine bourru].—[Le Roi blessé au jeu de paume].—[Mort du chevalier de Guise].—[Baptême de Monsieur et de Madame Henriette].—[Chasses à Saint-Germain].—[Voyage du Roi].—Séjours à [Orléans], à [Blois], à [Tours].—[Les goinfres de la Cour].—[Séjour à Poitiers].—[Passage à Angers].—[Séjour à Nantes].—[États de Bretagne].—[Arrivée de M. de Vendôme].—[Retour par Angers].—[Hommage d'un habitant de Malicorne].—[Les ardents].—[Séjour au Mans].—[Visite du Roi à Vaugrigneuse, maison d'Héroard].—[Rentrée à Paris].—[Retour du prince de Condé].—[Majorité du Roi].—[Collation à Villiers-la-Garenne].—[États-Généraux de Paris].—[Maladie du Roi].—[Affection croissante pour M. de Luynes].—[L'ambassadeur de Savoie].—[Adjudication d'un office en présence du Roi].

Le 1er janvier, mercredi, à Paris.—Il va au cabinet, où il fait porter toutes ses harquebuses; il y en avoit quarante. La Reine lui fait apporter grande quantité et de diverses sortes de bagues, de diamants et de fort belles pièces, et à mesure qu'il ouvre les étuis, il dit: Ha! Madame, velà qui est trop pour nous; c'est qu'il eût mieux aimé trouver des bagues de moindre valeur et que c'eût été quelque figure.

Le 2, jeudi.—Il s'amuse à faire travailler son émailleur.

Le 3, vendredi.—On lui dit qu'il y avoit une médecine à lui donner, le voilà fâché. A sept heures et demie la Reine y vient; à neuf heures il prend la médecine, Janv
1614 par crainte de la Reine, qui l'avoit menacé du fouet.