Le 2 avril, mercredi, à Paris.—Mené en carrosse hors la porte Saint-Michel, il monte à cheval et va à la volerie à Antony et vers l'étang de Massy, vole et prend deux poulettes d'eau, jette l'oiseau, les prend, et l'entreprend contre l'opinion d'un chacun. Ce vol n'avoit jamais été entrepris.
Avr
1614
Le 3, jeudi.—Il va en carrosse hors de la porte Saint-Antoine, pour voler des poules d'eau qui étoient dans le fossé, puis va au Mesnil-Montant et de là à Belleville-sur-Sablons, pour y voir les sources des fontaines qui viennent à Paris.
Le 6, dimanche.—Il va chez la Reine, puis, à une heure et demie, en carrosse aux Chartreux, à vêpres, puis à Issy, à la maison de la reine Marguerite, y tire de la harquebuse et blesse un merle auprès de lui, comme il chantoit; il demande au sieur Renard, l'un de ses chirurgiens, s'il guariroit bien, et le lui baille.
Le 7, lundi.—Mis au lit, l'on lui rapporte le décès de M. le connétable[180]; il en demeure touché, et dit: Il y en aura beaucoup qui demanderont cette charge, mais il ne la faut donner à personne.
Le 10, jeudi.—Il va au Pré-aux-Clercs voir faire monstre à sa compagnie de chevau-légers.
Le 11, vendredi.—A dîner le sieur de Blainville, cornette de la compagnie de Sa Majesté, lui dit: «Sire, la Reine m'a fait l'honneur de me commander que dorénavant mes compagnons soient en armes quand nous irons l'accompagner.» Le Roi répond soudain: Pourquoi? Le peuple de Paris pensera que j'ai peur quand il verra cela. Je n'ai point peur, je ne les crains point, entendant parler des princes qui s'étoient retirés mal contents de la Cour.—«Sire, j'estime que le peuple en sera bien aise, voyant le soin que l'on aura de bien conserver la personne de Votre Majesté.»—S'ils venoient, les battrions-nous pas?—«Sire, ils auroient un grand avantage sur nous.»—Quel?—«Autant qu'il y en a d'avoir un pourpoint de toile à un de fer.» Le Roi, ayant un peu songé, répond: Bien, mais dites-leur que, sortant et entrant en la ville, qu'ils mettent leurs manteaux sur leurs armes.
Avr
1614
Le 13, dimanche.—Il va à Issy, chez la reine Marguerite, chemine fort à pied, monte au haut de la montagne.
Le 15, mardi.—Mis au lit, M. le Grand lui ayant raconté en l'oreille ce qui s'étoit passé à Soissons pour la paix avec M. le prince de Condé, il n'en fait paroître en son visage aucune marque de joie ne de tristesse, et se prend à entretenir la compagnie; et, chacun étant retiré, il nous dit à M. de Préaux et à moi: La paix est faite, je crois que ce sont les prières des quarante heures qui en sont cause[181]; le sieur de Préaux, prenant la parole, le confirma en cette créance.