Le 18, samedi.—Il faisoit une des plus excessives et des plus étouffantes chaleurs qu'on eût senties de mémoire d'homme. Il s'en plaint, va au manége. On l'éventoit un peu, cependant il va chasser à une heure.
Le 21, mardi.—Il va à Champs, soudain au parc, monte sur une petite butte, couverte en pavillon, où il fait porter son petit lit, le fait monter et dresser et y aide lui-même, va trouver les seigneurs qui l'avoient accompagné, qui dînoient, MM. les ducs d'Uzès[230], de Montbazon, le maréchal de Souvré, les sieurs de Bassompierre, de Saint-Géran, de Haillier[231], de Vitry et autres, se met à table parmi eux. Ils boivent tous à sa santé. Il but à eux tous du vin clairet fort trempé; retourne à sa butte, se couche dans son lit. Il se fait entretenir par ces seigneurs de propos sérieux, s'amuse à ses fusées. Il revient à Paris souper.
Le 22, mercredi.—Il court, pour la première fois, la bague sur la place Royale: de deux courses, deux bonnes atteintes.
Le 29, mercredi.—Au manége il court la bague et gagne le prix, qui étoit une montre d'horloge.
Le 6, août, jeudi.—Il va chez la Reine, au conseil, où MM. du parlement et de l'hôtel de ville viennent par son commandement, pour recevoir ses commandements durant son absence.
Le 7, vendredi.—Tous les matins il va au manége. Il Août
1615 donne, après son dîner, audience aux députés de province, envoyés par les états du pays pour désavouer leurs députés envoyés aux états généraux, sur ce qu'ils avoient demandé le concile de Trente[232]. M. Miron, prévôt des marchands, et les colonels de la ville prirent congé de lui.
Le 13, jeudi.—Ce matin le Roi étant encore au lit, et nous parlant à lui, le tonnerre tomba dans la rue des Polies, devant l'hôtel de Sipierne, où j'étois logé; ma nièce Claude du Val, encore couchée, vit passer l'éclair et entendit comme le bruit d'une fusée.
Le 15, samedi.—Il va à confesse, en son cabinet, au P. Coton, touche trois cent cinq malades, va à la messe aux Feuillants, à vêpres à Notre-Dame.
Le 16, dimanche.—Il va avec la Reine à la Bastille tirer de l'argent pour son voyage de Guyenne[233]. En se couchant, il fait mettre son réveille-matin à trois heures et demie.
Le 17, lundi.—A six heures et trois quarts il entre en carrosse, et part de Paris pour le voyage de Bordeaux, va à Chartres dîner à dix heures au Dauphin.