Le 27, mardi.—Sur la nouvelle apportée par le sieur d'Adonville, du quartier de M. de Luxembourg, par le maréchal de Bois-Dauphin, le chevalier de Souvré lui demanda s'il y avoit eu beaucoup de morts?—Il y en a eu trois.—«Ce n'est guère!»—Le Roi dit: C'est encore trop, ils sont tous mes sujets; ils reviendront, et me feront service.

Le 31, samedi.—Il va chez la Reine, puis monte en son petit carrosse, va en la maison du président de Lane, la Reine aussi; il y a goûté.

Le 1er novembre, dimanche, à Bordeaux.—Il va à la messe et à confesse à Saint-André, y a communié, y touche les malades, va aux vêpres, au sermon, aux canaux qui sont derrière l'archevêché, où il avoit fait porter un esquif et une nacelle, se met dedans et tire à l'aviron lui-même.

Le 4, mercredi.—Il s'amuse à inventer des trébuchets de cartes pour prendre les mouches.

Le 9, lundi.—Ce jourd'hui fut fait l'échange des princesses à Saint-Jean de Luz.

Le 10, mardi.—Il écrit à la Reine-Infante, à Bayonne, par M. de Luynes:

Madame, ne pouvant, selon mon desir, me treuver auprès de vous, à votre arrivée en mon royaume, pour vous mettre en possession du pouvoir que vous aurez ici, comme de mon affection à vous aimer et servir, j'envoie vers vous Luynes, l'un de mes plus confidents serviteurs pour, en mon nom, vous saluer et vous dire que de moi vous êtes attendue avec impatience pour vous offrir moi-même l'un et l'autre. Je vous prie donc de le recevoir favorablement et de croire ce qu'il vous dira de la part,

Madame,

de votre plus cher ami et serviteur.

LOUIS.