Le 22, vendredi.—Départ de Poitiers.

Le 23, samedi, à Châtellerault.—Il va à la messe, puis va tendre des piéges aux petits oiseaux, à la neige; il faisoit un extrême froid, y dure patiemment. Après son dîner il va chez sa mère et au conseil, sur le retour de M. de Nevers, M. de Boissac[248] et M. de Villeroy devers M. le Prince. Il monte en sa chambre à sept heures et demie.

Le 25, lundi.—Il part de Sainte-Maure, arrive à Confrères, où il a goûté, fait faire des beignets et une omelette au lard par le P. Barthélemy de Crochart, cordelier, natif de Bedarride en Provence, y aide lui-même et mange un peu de l'un et de l'autre. Il rentre en son petit carrosse, le conduit lui-même plus d'une lieue. Le carrosse se rompt, il se met dans celui de M. le comte de la Rocheguyon. Arrivé à Tours, il va au jardin, au lieu de se chauffer; il faisoit un extrême froid.

Le 29, vendredi, à Amboise.—Il se va promener, faisant tirer à ses chiens d'Artois des petits canons achetés à Tours, à l'inventaire de la Bourdaisière.—Il entend la messe, dîne à dix heures et demie, promène, voit ses petits chevaux attelés au carrosse, pour ce qu'il ne vouloit partir qu'à une heure, et qu'un mauvais orage de neige survint, qui les fait remettre dans l'écurie.—L'on a remarqué que ce fut un coup de Dieu, d'autant que s'il fût parti à cette heure-là, sans doute il fût été descendre à Tours, chez la Reine sa mère, et s'y fût trouvé entre deux et trois heures qu'elle étoit au conseil, que le plancher de sa chambre fendit. Elle se trouva sur l'endroit de la poutre, M. le chancelier derrière Janv
1616 elle, MM. le comte de Soissons, d'Épernon et M. de Villeroy à côté, qui tombèrent sans beaucoup se blesser, et d'autres, comme les sieurs de Bassompierre[249], marquis de Villaines[250], marquis de Sablé, marquis de Nangis et autres.—A une heure il entre en carrosse, le conduisant par la ville, et arrive à trois heures un quart à Tours, va chez la Reine, sa mère puis chez la Reine.

Le 31, dimanche, à Tours.—Il donne à dîner au cardinal Ubaldini, auquel il venoit de donner le bonnet[251], avant de se coucher, vêtu de ses habits de ratine. Il s'amuse diversement dans son cabinet.

Le 3 février, mercredi.—Il dresse une petite collation de confitures sèches pour la Reine, qui le devoit venir voir à deux heures. Après, remis au lit, il s'amuse à faire des bataillons de diverses sortes, avec ses petits hommes d'argent.

Le 6, samedi.—La Reine sa mère logée à la Bordesiaire[252]; il va la voir; M. d'Épernon prend congé de lui malcontent, ce disoit-on.

Le 7, dimanche.—Il va à midi, à cheval, à Saint-Gatian, à Tours, en cérémonie, et la Reine aussi, dans sa Fév
1616 litière découverte, pour y recevoir l'épée et le chapeau que le Pape lui avoit envoyés et à elle la Rose d'or.

Le 8, lundi.—Il écrit à Mme la princesse d'Espagne, sa sœur.

Le 9, mardi.—Il va à la chambre de M. de Luynes, le trouve à table.