† DOBLIGÉ, DOBLIGÉE, part. Obligé, forcé, contraint. L'incendie éclata dans le cabaret, et les buveurs furent dobligés de se sauver par la fenêtre. On dit aussi, sous forme de remerciement: Je vous suis bien dobligé.
DODO, s. m. Terme enfantin. Lit, couchette. Français populaire.
DOGUIN, DOGUINE, s. Terme d'écolier. Se dit de certains objets, et signifie: Gros, grosse. Quel doguin de mâpis! Venez tous voir le doguin de poisson que j'ai pris.
DOIGT, s. m. Nous disons proverbialement: Se mettre le doigt dans l'œil, ou, Se mettre du doigt dans l'œil, pour signifier: Faire une fausse spéculation, faire un faux calcul. En vendant sa campagne pour acheter des rentes de France, il s'est mis le doigt dans l'œil.
DÔLE (LA). Nom propre de montagne. Nous disons proverbialement d'une chose qu'on nous représente comme remarquable, prodigieuse, extraordinaire, et sur laquelle nous portons un jugement moins favorable: Ce n'est pas la Dôle. Traverser le lac à la nage?... Ce n'est pas la Dôle. Faire à pied quatorze lieues par jour?... Ce n'est pas la Dôle; c'est-à-dire: Ce n'est pas merveille. As-tu lu le nouveau poëme de Z. Z**?—Oui, je l'ai lu; ce n'est pas la Dôle.
DOMESTIQUE, s. m. Ne dites pas: Un domestique en homme; dites tout court: Un domestique.
DOMMAGER, s. m. Causer du dommage, gâter, prodiguer. Dommager du pain, signifie: Le perdre, le jeter sans profit pour personne, le gaspiller. Ne dommagez pas ces restes de viande: ils feront plaisir à un mendiant. Terme suisse-roman. Le Complément du dictionnaire de l'Académie donne le verbe dommager comme hors d'usage: c'est possible. A Genève il est d'un emploi journalier. On disait en vieux français: Damager. R. dam. [Voyez Roquefort, Glossaire roman.]
DONDAINE, s. f. Dondon, femme ou fille grasse et d'un solide embonpoint. Quelle dondaine! Quelle puissante dondaine! Terme lorrain, etc.
DONNE, s. f. Dans la commune de Meyrin et lieux avoisinants ce mot signifie: «Belle-mère.» Dans le canton de Vaud il signifie: mère, et dans le vieux français il se disait pour «Dame, femme noble.» R. latin, domina; italien, donna.
DON-NE, s. f. Ce terme, fort connu dans les communes réunies, se dit plus particulièrement d'une distribution de pain à tous les pauvres de la paroisse après un enterrement. Faire une don-ne. Terme vaudois, savoisien, dauphinois, languedocien et vieux français.