EMPOISONNER, v. actif. Puer, communiquer une mauvaise odeur. Recule-toi, tu empoisonnes la pipe. Cette vieille mendiante empoisonnait l'eau-de-vie. Votre chambre empoisonne le brûle.
EMPOISONNER, v. a. (fig.) Infecter, infester. Votre prairie est empoisonnée de mauvaises herbes; ce champ est empoisonné de rats et de sauterelles. La France nous empoisonne de mauvais romans. Ces diverses significations du mot «Empoisonner» manquent dans les dictionnaires.
EMPOUTOUILLE, s. f. Terme des campagnards. Brouillamini, discours confus et embrouillé, bagout inintelligible. Quelle empoutouille tu nous fais là!
EMPOUTOUILLER, v. a. Embrouiller (au sens propre et au sens figuré). Échevette empoutouillée.
EMPRÔGER, v. n. Voyez AMPRÔGER.
EMPUANTER, v. a. Empuantir, infecter.
EN, prép. Pour. Une tailleuse en hommes. Dites: Une tailleuse pour hommes. Dans une comédie de Le Sage, intitulée: Les trois Commères (acte I, scène 9), on trouve cette phrase: «Je suis cordonnier POUR femmes.»
EN, prép. À (avec mouvement devant un nom de ville). Aller en Carouge, aller en Seyssel, etc. Expression de nos campagnards, fort usitée en Savoie, à Lyon et dans le Midi. Un guide de Chamouny me disait: Je pris ces deux Anglais à La Roche, je passai avec eux le Petit-Bornand, et je les conduisis jusqu'en Thônes. «Un tel fut conduit captif en Alger,» est une phrase que chacun de nous a rencontrée dans les vieux romans.
EN, prép. À la (avec mouvement). Aller en Diète. Ils quittèrent la campagne le 15 septembre et ils rentrèrent en ville. Phrases incorrectes.
EN, prép. Est retranché à tort dans l'expression suivante: Il ne fit ni un ni deux et lui appliqua un soufflet. Dites: Il n'EN fit ni un ni deux. [Acad.]