ENTER, v. a. Greffer. Nous aspirons l'e initial de ce mot, comme s'il s'écrivait henter. C'est une faute aussi grossière que fréquente. Ne dites donc pas: Je soigne cet arbrisseau pour le enter quand le moment sera favorable; dites: «Pour l'enter.»
ENTER, v. a. Terme de couturière. Enter des bas, veut dire: Remonter des bas, les raccommoder en y ajoutant des bouts. Terme suisse-roman et méridional. Dans l'évêché de Bâle on dit: Renter.
ENTERREUR, s. m. Fossoyeur, celui qui creuse les fosses destinées aux morts. Terme dauphinois et languedocien. On dit à Marseille: Un enterre-mort.
ENTICHER (S'), v. pron. S'entêter, s'éprendre d'une personne. Il s'enticha d'une comédienne, et il l'épousa. Il est entiché de lui-même et il s'admire. L'Académie dit: «S'enticher d'une opinion, s'enticher d'un système;» mais elle ne dit pas: S'enticher d'une personne. Expression fort admissible.
ENTORSE, s. f. Nous disons: Se faire une entorse; il se fit une entorse au pied. Il faut dire: «Se donner une entorse.»
EN TOUT ET PARTOUT. Sorte d'adverbe, qui signifie: En total. À la fin de ce long voyage, il ne leur restait en tout et partout que trois francs.
ENTRAIN, s. m. Ardeur au travail. Étudier avec entrain. Travailler avec entrain. Je n'ai point d'entrain, je n'ai aucun entrain aujourd'hui. Ce substantif, si usité chez nous et si remarquable, n'existe pas en français.
ENTRE, prép. Ils n'avaient entre eux tous que sept francs à dépenser. Ce sens de la préposition entre n'est pas français. Il faut dire: «Ils n'avaient ensemble que sept francs à dépenser.»
ENTRECOT, s. m. (o bref.) Ruelle, ruelle formée par les boutiques ou échoppes qui bordent nos Rues basses. Traverser un entrecot; s'échapper par l'entrecot. On nous fit passer par un corridor étroit, ou, pour mieux dire, par un entrecot.
ENTRE DEUX. Nous disons: Être entre deux, pour signifier: Être indécis, être en balance, hésiter. Partirai-je? Resterai-je? Je suis là entre deux. Expression méridionale.