FORTUNE (LA BONNE). Se faire dire la bonne fortune, signifie: Se faire dire la bonne aventure.

FORTUNÉ, NÉE, adj. Beaucoup de personnes, dans tous les pays où l'on parle français, croient que l'adjectif fortuné signifie: Riche, opulent. Vous pouvez faire cette dépense, vous autres qui êtes fortunés. Si j'étais fortuné, je m'achèterais une campagne et j'y vivrais. Ce sens du mot fortuné n'est pas français. Ouvrez les dictionnaires, et vous verrez que «fortuné» signifie: Heureux, qui a du bonheur. On peut être fortuné et n'être pas riche.

FOSSOYEUR, s. m. Ouvrier qui fossoie. En français «fossoyeur» ne se dit que de celui qui creuse les fosses pour les morts.

FOU (DE). Nous disons: Un mal de tête de fou. Le nouveau roman de George Sand a obtenu un succès de fou. Ce petit volume nous a coûté un argent de fou, etc. Il faut dire: Un mal de tête fou; un succès fou; un argent fou, c'est-à-dire: Excessif, prodigieux. Cette faute, si fréquente à Genève, n'est signalée nulle part.

FOUDRES, s. m. pl. Faire les foudres. Se mettre dans une extrême colère, s'emporter jusqu'à la rage. Tu es bien agitée, Janneton?—On le serait à moins. J'ai eu le malheur de payer une tomme 20 centimes au lieu de 18, et voilà que notre maîtresse m'agonise et fait les foudres.

FOUETTE, s. f. Terme de pêcheur. Sorte de ligne. Pêcher à la fouette.

FOUETTE ou FOUATTE, s. f. Terme de tir. Sorte de baguette dont le cibarre (ou marqueur) se sert pour signaler et montrer les coups au fur et à mesure qu'ils se font.

FOUETTÉE (UNE). Mériter la fouettée. Donner, appliquer une fouettée à un enfant. Recevoir la fouettée. L'Académie dit: «Une fessée.»

FOUETTER, v. a. (fig.) Terme de tir. Se dit du marqueur ou cibarre, et signifie: Indiquer par un signe convenu que le coup du tireur n'a pas touché la cible. Un coup fouetté, est un coup perdu, un coup qui n'a pas touché la cible. Sur six coups, Walter en a eu quatre de fouettés.

FOUGNER, v. a. Fouiller. Les gabeloux négligèrent de nous fougner.