GÉANE, s. f. Géante. La merveilleuse géane étonna toute l'assemblée. Français populaire.

GEL, s. m. Gelée. Le mot gel manque dans plusieurs dictionnaires et en particulier dans celui de l'Académie française. Le Complément de ce même dictionnaire, et le Dictionnaire national de Bescherelle [1846], disent que gel, dans le sens de «Gelée,» a vieilli. Nous pouvons affirmer que le mot gel, signifiant: «Gelée,» est d'un emploi habituel chez nous et chez nos proches voisins.

GELÉE AUX GROSEILLES, s. f. Dites: «Gelée DE groseilles.» Dites aussi: Gelée DE pomme, gelée DE framboise, etc.

GELER DE FROID. Geler. Faites-moi vite un grand feu, je gèle de froid. Français populaire.

GELER (SE), v. pron. Geler. Je me gèle ici à vous attendre. Faute très-répandue. «Se geler» n'est français qu'en parlant des choses. «Le mercure peut se geler. Le nez de Mme Z*** se gela au passage du grand Saint-Bernard.»

GEMOTTER, v. n. Signifie: 1o S'impatienter, pester; 2o Languir, être languissant. La pauvre drôlesse, abandonnée de tout le monde, était là à gemotter dans son lit. Ranimez donc ce feu qui ne fait que gemotter. Dans le patois vaudois, gemotta veut dire: Gémir, et dans le patois neuchâtelois, gemiller, s'impatienter. R. Gemo.

GENDRE, s. m. Se faire gendre, signifie, dans son sens le plus large: Se procurer, par un riche mariage, une position douce, confortable, oisive, à laquelle on ne serait jamais arrivé d'une autre manière. Dans un sens plus restreint, se faire gendre se dit facétieusement et dérisoirement d'un jeune homme du haut, qui, ayant une fortune exiguë, des habitudes un peu dispendieuses et un extérieur agréable, choisit pour femme une riche héritière dans la classe bourgeoise. Cette expression originale, se faire gendre, a été créée ou mise en circulation par un charmant article du journal de Mr Petit-Senn. [Voyez le Fantasque de 1835, no 81, p. 322, et la Revue suisse de 1850, livraison du mois de mai, p. 328.]

GENÈVRE, s. m. Des grains de genèvre. Ce terme nous vient du vieux français. Au commencement du dix-huitième siècle, on disait encore indifféremment genèvre et genièvre. «Genièvre» a prévalu.

GENILLÉ, s. m. Nous appelons goût de genillé, un mauvais goût que contractent les volailles qui ont été nourries dans un poulailler petit et malpropre. Geniller veut dire «Poulailler» dans le dialecte du Berry. Djeneuille, dans le patois vaudois, signifie: Poule. Par métathèse, c'est-à-dire par transposition de lettres, ces mots viennent du mot latin gallina, poule.

GENOU, s. m. Nous disons d'un couteau qui coupe mal: Il coupe comme les genoux d'une vieille femme, comme les genoux de ma grand'mère. Expression triviale, consignée dans le Dictionnaire du Bas langage, t. II, p. 10.