GRILLOIRE, s. f. Sorte de petite casserole à manche, surmontée d'un couvercle, et qui sert à rôtir le café. Dans le canton de Vaud on dit: Un grilloir. Le grilloir à café.

GRILLOIRE, s. f. (fig.) Endroit où la chaleur est insupportable; endroit où l'on grille. Ce cabinet au midi est une grilloire pendant l'été.

GRILLOTTER, v. actif. Griller, frire.

GRIMPER, v. n. Dans notre langage énergique, faire grimper les murs à quelqu'un, signifie: L'impatienter outre mesure, le vexer, le dépiter à l'excès. Les dictionnaires disent en ce même sens: «Faire sauter quelqu'un au plancher, le faire sauter aux nues.» On dit en Languedoc: Faire monter quelqu'un au ciel sans échelle.

GRIMPION, s. m. Grimpereau, oiseau bien connu. Au sens figuré, nous appelons grimpion, grimpionne, celui ou celle qui cherche par des politesses, par des avances répétées, par des flatteries, à s'introduire, à se glisser dans une société plus élevée, plus haut placée que la sienne. De là ont pris naissance les phrases suivantes familières: C'est un grimpion; il fait le grimpion; elle fait la grimpionne. Ces jeunes époux veulent grimper. Les grimpions doivent éprouver quelquefois de fameux déboires.

GRIMPIONNER, v. n. Faire le grimpion, faire la grimpionne. Tu ne t'aperçois pas que cette jeune femme veut absolument grimpionner.

GRINGALET, ETTE, adj. Faible, chétif. Cheval gringalet; veau gringalet. Ton beau-frère est bien gringalet, etc. Le Complément du dictionnaire de l'Académie, et le dictionnaire de M. Bescherelle ne présentent ce mot que comme substantif, et ne l'emploient qu'en parlant de l'homme. Nous l'employons très-souvent comme adjectif, et nous lui donnons des sens fort étendus.

GRINGE, adj. Triste, ennuyé, chagrin, de mauvaise humeur, maussade, malingre. Rosalie est toute gringe aujourd'hui, et je crains qu'elle ne soit malade. Qu'avez-vous donc, Monsieur le notaire? Vous paraissez sombre et préoccupé?—En effet, je suis gringe. J'attendais mes enfants par le bateau à vapeur, et voilà le bateau qui arrive sans eux. Terme suisse-roman. Dans le patois de l'évêché de Bâle, on dit: Graigne; en Franche-Comté, grigne, et en Bourgogne, greigne; dans le Berry, grignaut; dans le patois rouchi, engraigné. Tous ces mots, qui sont fort usités, n'ont point de correspondants exacts en français. Dans le dialecte normand, grigner signifie: «Être maussade.» En Picardie, grigneux et grignard veulent dire: Pleurnicheur.

GRINGERIE, s. f. Mauvaise humeur, malingrerie. Après une pareille mésaventure, un peu de gringerie est bien permis.

GRIOTTE, s. f. En français, ce mot désigne une espèce de cerise grosse et noirâtre, plus douce que les autres. En Suisse, au contraire, nous appelons griotte une cerise acide.