BOBET, adj. et s. m. Niais, sot, inepte, nigaud. Ce garçon est si bobet qu'on l'a exempté, pour cela seul, du service militaire. Le frère et la sœur se valent bien: l'un est un vrai bobet, l'autre une franche bobèche.
BOBICHON, s. m. Diminutif de bobet.
BOBUE, s. f. Oiseau, la huppe d'Europe.
BOC ou BOT, s. m. Sorte de petit crapaud, qui est gris sur le dos, avec le ventre rouge. Éclaffer un boc. Les campagnards disent: un bot. Être fier comme un bot. Bot se dit en Savoie, en Dauphiné et en vieux français.
BOC, s. m. Mettre de la graisse de boc sur une écorchure, sur un très-léger coup, sur une petite entamure à la peau, c'est: Y mettre sa propre salive. Expression facétieuse et dérisoire. Tu t'es piqué au doigt, mon pauvre Élisée, et tu souffres beaucoup; eh bien! mets-y de la graisse de boc.
BOC, s. m. Le jeu de boc est une sorte de jeu de cartes, qui n'exige aucune combinaison et où le hasard seul décide. On l'appelle quelquefois Jeu des petits paquets, ou Jeu des petits plots.
BOCHOT, s. m. Petit tonneau.
BOCON, s. m. Petit morceau, bouchée. Je n'en veux qu'un bocon. Tu nous donnes là un bien crouye bocon. Notre Jeannot ne nous écrit que des bocons de lettre. Où allez-vous? disais-je à un mendiant savoyard.—Pauvre Monsieur, me répondit-il, je vais chercher mon bocon. Nous disons proverbialement: Tenir le bocon haut à quelqu'un, pour signifier: Faire qu'une chose lui soit difficile et qu'il ne l'obtienne qu'avec de grands efforts. Crois-tu que Mr N** finisse par accorder sa fille à notre Amédée?—Je l'espère; mais il lui tient le bocon furieusement haut.
BOILLE, s. f. Mot d'une orthographe difficile, presque insaisissable: il rime avec De Broglie, et devrait peut-être s'écrire boglie. On appelle ainsi une sorte de hotte en bois de sapin, dans laquelle nos laitières mettent le lait qu'elles transportent à la ville sur leur petite charrette. Une paire de boilles. Laver les boilles. Terme vaudois et savoisien. A Neuchâtel, en Franche-Comté et en vieux français on dit: Bouille.
BOIRE, v. a. Nous disons figurément et énergiquement: Boire le sang à quelqu'un, pour signifier: «Le tourmenter, l'excéder de sollicitations importunes.» Finiras-tu, Henri, avec tes demandes? En vérité, tu me bois le sang.