BON COURANT (LE). L'ordinaire, ce qui n'est en son genre ni très-bien, ni très-mal. Ce roman nouveau est du bon courant. Les plaidoyers de notre jeune avocat sont du bon courant, etc. Expression utile et claire, fort usitée chez nous. Les dictionnaires disent: «Le courant des affaires, le courant du marché, le courant du monde,» et rien de plus.

BONFOND, s. m. Signifie: 1o Un réjoui, un Roger-Bontems; 2o Un étourdi, un tapageur, un évaporé.

BONHEUR, s. m. Du bonheur que, veut dire: «Heureusement que.» Du bonheur que la sécheresse a fini. Du bonheur que l'incendie a eu lieu de jour. «Par bonheur que» est français.

BONNE (DE). Nous disons de quelqu'un qui est gai, qui est en train, qui est sur son beau dire: Il est de bonne. En Languedoc on dit: Il est dans ses bonnes; en vieux français, il est en bonne.

BONNE-MAIN (LA). Petite libéralité, petite gratification faite à un domestique, à un cocher, à un porte-faix, etc. On dit en français: «Le pour-boire, la pièce.»

BON-NER, v. a. Combuger, c'est-à-dire: Remplir d'eau un tonneau ou un autre vaisseau en bois, et les mettre en état de recevoir du vin ou une liqueur quelconque. Bon-ner un cuvier avant la lessive; bon-ner un jarlot. L'action de bon-ner s'appelle bon-nure. Faire une bonnure.

BON-NER, v. n. Se dit d'une soupe, d'un légume, d'une viande qui, placée près du feu, cesse de cuire faute de feu, languit et contracte un mauvais goût. Si Madame tarde encore de dîner, sa soupe bon-nera. Nous appelons goût de bon-né, le goût que contracte une soupe qui a cuit trop longtemps.

BONNETTE, s. f. Sorte de petit bonnet. Bonnette de nuit. Terme méridional.

BON OISEAU (LE). Expression adoucissante, euphémisme, par lequel nos paysans désignent «L'épervier,» et en général toute espèce d'oiseaux de proie.

BONTABLE, adj. Qui a de la bonté, qui est bienveillant, affable, complaisant, serviable, débonnaire. Terme savoisien et franc-comtois.