CATELLE, s. f. Brique vernissée, carreau de poterie. Catelle fendue; remettre des catelles. Poêle de catelles; fourneau de catelles. Terme suisse-roman. L'expression française est «Faïence.» Poêle de faïence.

CÂTIULE, s. f. Ce terme, qui nous vient des campagnards, signifie: Femme maladive et chétive, femme qui se plaint toujours de ses maux et ennuie par cela même ses alentours. Ayez un peu de patience avec notre pauvre câtiule. En languedocien, câitiou, et en vieux français, caitiu, veulent dire: Chétif, misérable.

CATOLION ou GATOLION, s. m. Grumeau, caillot. Des gatolions de sang. Une soupe en gatolions. On dit à Lyon: Des catons. Dans le Jura on donne le nom de catons à une bouillie très-épaisse de farine de maïs.

CATTE, s. f. Boucle de cheveux, mèche de cheveux. Se prendre aux cattes; tirer les cattes. Fais-toi donc couper les cattes, John, tu as l'air d'un ours.

CAUQUE, s. f. Terme de dérision, de compassion et d'amitié. Il se dit: 1o D'une vieille femme en général; 2o D'une vieille femme maladive; 3o D'une vieille femme grognon et commère. Qu'as-tu, cousin, que tu sembles triste?—J'ai... que ma cauque est toujours malade et qu'elle me gongonne toujours. Toutes nos cauques sont en émoi à cause que le café a renchéri.

CAUSER À QUELQU'UN. Cette expression n'est pas française. Il faut donc éviter les phrases suivantes, et phrases analogues: Je lui ai causé après le sermon. Finis, Jules, et ne me cause plus. Sur les bateaux à vapeur on trouve toujours à qui causer. J.-J. Rousseau a dit dans ses Confessions, livre VII: «La première fois que je la vis, elle était à la veille de son mariage. Elle me causa longtemps avec cette familiarité charmante qui lui est naturelle.» Faute fréquente en Suisse, en Dauphiné, en Lorraine, en Franche-Comté, en Normandie, en Provence et en Languedoc, c'est-à-dire, faute universelle.

CAUSETTE, s. f. Causerie, entretien qui a de l'abandon et de la bonhomie, conversation nourrie et animée, mais douce et facile. Faire la causette. Terme très-connu en France. «J'aime le feu, les criscris, une salade de homards, une bouteille de Champagne et la causette.» [Don Juan, chant Ier, § 134, traduction d'A. Pichot.] Expression heureuse, qui n'a point d'équivalent dans la langue des dictionnaires et dont ils feraient bien de s'enrichir.

CAVAGNE, s. f. Grande corbeille carrée qui se fabrique dans le Jura, et dont on se sert pour emballer. Une paire de cavagnes. Terme qui nous vient de la Provence et du Piémont.

CAVALAIRE (À), loc. adv. À califourchon, à chevauchons, jambes de çà, jambes de là. Se mettre à cavalaire. Mets-toi à cavalaire sur moi et je te porterai. En vieux français, cavalart veut dire: Cavalier.

CAVALCADER, v. n. Se dit des promenades que plusieurs personnes réunies font à cheval. Nos trois étourdis s'échappèrent du pensionnat dès le matin, et on les aperçut dans l'après-midi cavalcadant près du château de Fernex. Excellente expression, qui n'a pas été négligée par Töpffer.