CHAPITOLER, v. n. Marchander, disputer sur le prix d'une marchandise, taquiner, batailler. Vaut-il donc la peine de chapitoler pour si peu de chose? Terme très-familier, qui se retrouve dans l'argot des enfants au jeu des mâpis. Chapitoler est probablement une corruption du mot «Capituler.»

CHAPITOLEUR, s. m. Celui qui chapitole, celui qui a l'habitude de chapitoler.

CHAPLE, s. m. Signifie: 1o Massacre, tuerie, carnage; 2o Ravage, dégât. Ils en vinrent à la fin aux bâtons et aux cailloux, et ce fut un véritable chaple. La grêle nous a fait cette nuit un beau chaple. Terme méridional et vieux français. On trouve déjà ce mot dans le Roman de la Rose, c'est-à-dire, au treizième siècle.

CHAPLE-COUTEAUX (À), loc. invar. Être à chaple-couteaux, signifie: Être à couteaux tirés. Sais-tu que nos deux sous-lieutenants sont à chaple-couteaux?

CHAPLER, v. a. Gâter, endommager un objet en le coupant, ou en l'entaillant avec maladresse ou avec malice. Les écoliers se plaisent à chapler les tables et les pupitres. En coupant une gaule, il s'est chaplé le doigt. La couturière m'a chaplé cette robe. Voilà un manteau chaplé, abîmé. Terme suisse-roman, savoisien, jurassien et méridional. «Chapeler,» en français, signifie: Ôter avec un couteau le dessus de la croûte du pain.

CHAPLOTAGE, s. m. Action de chapler.

CHAPLOTER, v. a. Diminutif de chapler. Voyez ce mot. Dans les patois savoisiens et dauphinois on dit: Chapota ou çapotà; dans le Berry, chapoter.

CHAPLOTON, s. m. Rognures, mauvais restes d'objets coupés. Le tailleur avait promis de me rendre des morceaux, et il ne m'envoie là que des chaplotons. Le travail fini, les couturières laissèrent la chambre toute jonchée de chaplotons.

CHAQUE, pron. ind. On ne dit pas: Ces volumes coûtent six francs chaque; on dit: Coûtent six francs chacun.

CHAR, s. m. Cabriolet. Aller en char; faire une partie de char; verser de char. Il faisait beau temps, nous prîmes un char. Elle acheta à bon marché un char d'enfant. Dans tous ces exemples, char n'est pas français. «Char» se dit: 1o D'une sorte de voiture à deux roues, dont les anciens se servaient dans les triomphes, dans les jeux, dans les combats. Il se dit, 2o en poésie et dans le style oratoire, de toute espèce de voitures, de chariots, et principalement d'une voiture remarquable par son élégance ou sa richesse. Voilà les seuls cas où le mot de char se puisse employer seul. Mais on dira très-bien: Un char de côté, un char à banc, un char en face, parce que ces sortes de voitures, propres à notre pays et aux pays qui nous avoisinent, n'ont point en français de terme correspondant.