R

R. Cette lettre joue un grand rôle dans le langage de nos campagnards: ils l'introduisent entre deux voyelles pour éviter les cacophonies. Ainsi, au lieu de dire: À un coin, à une heure, à un village, etc., le paysan dira: À r'un coin, à r'une heure, à r'un village; d'ici à r'un moment. La petite chambre est à r'Auguste. Quel est le prix de vos cerises, brave homme?—Oh là, Monsieur, j'en ai à r'un sou la livre et à deux sous. L'introduction de ce r euphonique est fréquente aussi dans le langage populaire de la ville.

RABATTRE, v. a. Rebattre, répéter jusqu'à satiété. Que viens-tu encore nous rabattre? N'as-tu pas assez rabattu tes ennuyeuses anecdotes et tes vieux contes?

RABISTOLER, v. a. Raccommoder. Voyez [RAPISTOLER].

RABISTOQUER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder tant bien que mal. Rabistoquer des grolles; rabistoquer un broustou.

RABLET ou RABLIET, s. m. Râble, racloir à long manche.

RABOBINER, v. a. Raccommoder tant bien que mal, rajuster. Rabobiner une casaque. Terme vaudois et vieux français. S'emploie souvent au sens figuré. Un verre de vin a suffi pour le rabobiner et le remonter. Se rabobiner veut dire: Se rétablir, revenir en santé.

RABOTTE, s. f. Pomme enveloppée de pâte, et que l'on cuit au four. Terme connu à Reims, et sans doute ailleurs. En vieux français, rabote signifie: Boule. Nos rabottes ont, en effet, la forme d'une boule.

RABOTU, UE, adj. Raboteux. Chemin rabotu.

RABOUCLER, v. a. Boucler. Raboucler un soulier.