† LA MIEN, LA TIEN, LA SIEN. Ces expressions barbares sont souvent mises à la place des trois pronoms personnels féminins: «La mienne, la tienne, la sienne,» dans le langage le plus populaire. Rends-moi cette plume, c'est la mien.—Non, ce n'est pas la tien. Cette faute se retrouve en Savoie et dans quelques provinces du nord de la France.

LANCHEBROTAGE, s. m. Flux de paroles inutiles et mal articulées; discours hors de propos, confus et embrouillé.

LANCHEBROTER, v. actif. Parler beaucoup et peu intelligiblement, jargonner. Finalement que t'a-t-il dit?—Il ne m'a rien dit: Il m'a lanchebroté un tas de bêtises auxquelles je n'ai rien compris. Voyez ENCHEBROTER.

LANDE ou LENDE, s. f. Lente, petit œuf d'où naissent les poux, et qui se colle aux cheveux. La tête du pauvre enfant était toute couverte de lendes. Français populaire et vieux français. A Neuchâtel et dans l'évêché de Bâle on dit: Un lent. R. lat. lens, lendis.

LANDINE, s. f. Lente. Voyez LANDE.

LANDRILLE, s. f. Voyez ANDRILLE.

LANGUIR DE, suivi de l'infinitif. Désirer, souhaiter ardemment. Je languis d'avoir achevé ce grand travail. Nous languissions tous de revoir notre beau lac. Te voilà, Édouard; je languissais de te rencontrer. Expression remarquable, connue en Suisse, en Savoie et dans le Midi.

LANGUIR QUE. Souhaiter ardemment que. Vous languissez bien que les vacances arrivent. En provençal on dit: Se languir, v. imp. Il me languissait de te voir, c'est-à-dire: Il me tardait de te voir.

LANI, s. m. Sac d'un tissu grossier. Un lani de riz. Terme savoisien et piémontais.

LANTERNE, s. f. Se dit d'une personne nonchalante, lambine, paresseuse, tant homme que femme. Notre associé, on peut le dire, est une lanterne, une lanterne magique. Terme parisien populaire, etc.