REMOLLION, s. m. (ll mouillés.) Réveillon, lendemain de noces; petit repas que l'on fait après un autre plus grand.
REMONTANT (UN). Un stimulant, une chose qui ranime et fortifie soit le corps, soit l'esprit. Pour beaucoup d'estomacs, un verre de bon vin est un remontant. L'arrivée de son père tirera notre jeune écolier de son apathie, et lui donnera un peu de remontant.
REMONTER, v. a. Ravigoter, raviver, redonner des forces, remettre en meilleur état. Un petit verre de curaçao les a tous réjouis et remontés. Ce petit legs a remonté cette pauvre famille. Cinq cents francs remonteraient bien votre fermier. Terme méridional, etc. Les dictionnaires disent: «Remonter le courage, remonter l'imagination,» et rien de plus. A Genève, ce verbe remonter a des significations plus étendues.
REMOUCHÉE, s. f. Remontrance sévère, algarade. Faire une remouchée. En provençal: Remouchinado.
REMOUCHER, v. a. (fig.) Gourmander, rabattre le caquet, réprimander sévèrement, rembarrer. Il voulait élever la voix, mais son bourgeois l'a remouché. Terme neuchâtelois, etc. En lorrain, moucher quelqu'un signifie: Le battre, l'étriller; et dans le patois du bas Limousin, moutsa, s. m., veut dire: Un soufflet, une mornifle.
REMUER, v. n. Déménager, changer d'appartement. Quand remuez-vous, voisin?—Je remue après Pâques. Terme suisse-roman, savoisien et lyonnais. Dans le Limousin, à Bordeaux et en d'autres endroits du midi de la France, on dit: Se remuer. C'est demain qu'il se remue (c'est demain qu'il déménage). En vieux français, remuer, v. n., signifiait: Changer.
REMUEUR, s. m. Déménageur. Les remueurs sont payés quatre à cinq francs par jour. Tous les Genevois connaissent le joli conte des Remueurs, de Gaudy.
RENAILLER, v. n. Renarder, vomir après une orgie.
RENARDS, s. m. pl. (fig.) Vomissements d'un homme ivre. Faire les renards, vomir après une orgie. Dans le français populaire, on dit en ce même sens: Écorcher le renard.
RENASQUER, v. n. Regimber, refuser, récalcitrer, renâcler, faire quelque chose en rechignant. Tu as beau renasquer, mon pauvre Alfred, il faudra bien que tu en passes par là. Terme vieux français, admis dans la 1re édition du dictionnaire de l'Académie [1694], mais rejetée depuis.