TOISÉ, ÉE, adj. (fig.) Mort, fini, fait. L'oncle Pierre vit-il encore?—Ah! il y a longtemps qu'il est toisé. Après une telle faillite, c'est un homme toisé. Quant à sa fortune, n'en parlons pas, elle est toisée (mangée, dévorée). Eh bien! c'est entendu, c'est une affaire toisée.

TOJOTTE ou TEUJOTTE, s. f. Mauvaise taverne, cabaret borgne, cabaret mal approvisionné. Terme vaudois.

TÔLÉE, s. f. Voyez [TAULÉE].

TOMBÉE, s. f. Surcroît de convives, affluence de convives qui n'étaient pas attendus. Eh bien! femme, que dis-tu de cette tombée d'hier? Heureusement qu'on avait des œufs et du jambon. Tombée se dit aussi des acheteurs qui arrivent en grand nombre à une foire ou à un marché. Terme méridional.

TOMBÉE (UNE). La plus petite quantité possible d'une chose liquide, un soupçon, un rien. Vous offrirai-je du vin, Caroline?—J'en prendrai une tombée, une apparence. Une tombée de vinaigre ne va pas mal dans les pommes de terre au lait.

TOMBER, v. n. (fig.) Sitôt qu'il l'eut aperçue, il en tomba amoureux, c'est-à-dire: Il en devint amoureux.

TOMBER, v. n. Arriver, parlant des personnes. De la rue Verdaine on tombe dans celle de Rive. Cette expression n'est pas correcte. Tomber ne se dit que de la rue elle-même ou du chemin. Ainsi l'on dira: La rue du Terraillet tombe dans les Rues-basses. Le chemin Vert tombe dans la route de Malagnou, etc.

† TOMBURE, s. f. Chute. Une mauvaise tombure. Qu'as-tu au front, Gautier?—Ce n'est rien, c'est la marque d'une ancienne tombure. En provençal on dit: Toumbaduro.

TOMME, s. f. Petit fromage blanc fait avec du lait de chèvre. Nous déjeûnâmes tout uniment de pain et de tomme. La tomme est moins pesante à l'estomac que le fromage. Un poulet d'horloger, c'est une tomme. Terme suisse, savoisien et jurassien, dauphinois, limousin, provençal et languedocien. Faire la tomme, se dit des enfants à la mamelle, lorsqu'ils vomissent leur lait.

TON, s. m. Nous disons proverbialement: C'est le ton qui fait la chanson. Les dictionnaires français disent: C'est le ton qui fait la musique.