M'sieu, quand on entre dans ce croton de chambre, on trouve une femme étendue par terre d'à bouchon, toute brûlée et la moitié du corps en greubons. C'était la chose la plus z'hideuse, la plus z'hideuse qu'on puisse voir. On croyait d'abord que c'était une certaine gourgandine de Lyon qui était venue demeurer dans le quartier; mais on vit ensuite que c'était cette vieille redasse de Pignolet, qui tenait là un bouzin depuis quelque temps. Y paraît qu'on y avait fait la tamponne le soir, et qu'ayant trop fioulé au lieu de se coucher, elle s'était endormie sur son covet en faisant le cafornet, et puis que le feu avait pris à ses z'hardes et à son lit.
J'ai eu là une fière tarente, je t'en réponds; mais enfin, à part une gonfle à la main et un peu de rouche pour avoir gardé mes habits tout trempes, je m'en suis tiré saink-et-sauf.
Pourtant, quand je suis rentré à la maison, y faut bien y dire, j'avais le cœur diablement savaté d'avoir vu ce cadavre tout en greubons. Ma femme me disait: Y faut te faire une saigne, y faut te mettre les sangsuies..... Hé! voui! c'est bien moi qui vais me potringuer pour une peur. Je me suis flâné un verre de riquiqui sur la conscience, et puis n.. i ni, c'est fini, ni vu ni connu. Adieu, Carisot; adieu, mon ami; Je m'en vais au sarcle faire l'heure sèche avec Mottu, qui paye les séchots. Adieu, à revoire.
LES REMUEURS.
(La scène se passe dans une auberge.)
Quel est donc ce fracas, qui, dès l'aube naissante,
Fait retentir ici ma cloison frémissante?
Pourquoi cette poussière et ces ais ébranlés?
D'où partent ces clameurs et ces coups redoublés?
Un créancier, suivi de la noire cohorte,