MALADIE, s. f. L'expression faire une maladie, est si répandue, si claire et si commode, qu'elle mériterait presque d'être française. Ce qu'il y a de certain, c'est que cette phrase: «J'ai eu une maladie,» forme une cacophonie horrible, dont l'oreille délicate du peuple ne s'accommodera jamais. J.-J. Rousseau a dit: «Il est singulier que je n'ai jamais fait de grandes maladies à la campagne.» [Confessions, liv. VI.]
MALADIER, v. n. Être malade, languir, traîner. La pauvre Alix ne veut pas maladier longtemps. T. des campagnards.
MALADISTE, adj. Enfant maladiste; jeune fille maladiste. Dites: Maladif, maladive.
MALAGNOU ou MARAGNOU, s. m. Muscardin, petit mammifère rongeur, du genre des loirs.
MALAISE, adj. Ne dites pas: Je me sens tout malaise; dites: J'ai beaucoup de malaise, ou employez une expression équivalente. Voyez AISE.
MALAISÉE, s. f. Dans le langage le plus familier, faire danser à quelqu'un la malaisée signifie: Lui administrer une correction, le rosser, l'étriller.
† MALATRU, TRUE, substantif. Malotru, malotrue. Un malatru nous vint au rencontre et nous agonisa.
MALATRU, TRUE, adjectif. Se dit des choses et signifie: Usé, délabré, en mauvais état. Des malatrus souliers; un malatru chapeau. Voyez, mon bon Monsieur, l'état misérable où je suis; je n'ai que cette malatrue veste et ce crouye pantalon. Dans le vieux français, malotru ou plutôt malostru et malestruz, adjectifs, signifiaient: Chétif, misérable. R. malè structus. Dans le langage français actuel, «Malotru» n'est pas adjectif.
MALCOMMODE, adj. Incommode, peu commode. Voiture malcommode; fauteuil malcommode.
MALCOMPLAISANT, ANTE, adj. et s. Peu complaisant, qui manque de complaisance. Tu es une malcomplaisante, Fanny.—Malcomplaisante toi-même. Terme généralement connu et usité, mais que nul dictionnaire n'a encore admis.