«—Comme les autres, soupirait la Disdéri.

«—Oui, André a raison de vous aimer.

«—Merci, madame.

«Et la jeune femme se retirait.

«Deux jours après, un valet de pied se présentait chez la danseuse avec une lettre et un écrin. La Disdéri reconnaissait l'écrin: c'était celui de Bœhmer, les émeraudes y étincelaient de toute leur eau verte; la lettre était de Mme Farnier: «Le collier est à vous, mademoiselle; vous pouvez le porter, c'est moi qui vous l'offre. André et moi nous vous remercions; portez-le en souvenir de nous deux.» Et c'était signé: «Sa mère.»

—Ce qui prouve, mon cher, concluait l'habit noir, qu'il y a parfois d'honnêtes femmes et des générosités inattendues chez des danseuses, comme chez des femmes d'agents de change et des mères de futurs banquiers… Garçon, un soda.

III
LES SAPHIRS DE MILLA

—Voyons, vous, Maxence, vous qui connaissez par le menu l'histoire de ces demoiselles et de leurs écrins, que pensez-vous du collier de Milla? Lui a-t-il été volé ou a-t-il été vendu?

—Les avis sont partagés, réservait prudemment l'habit noir.

—Vous ne nous apprenez rien, puisque c'est justement la question. Enfin, vous connaissez Milla, vous avez vécu dans son intimité, vous êtes même encore de ses amis…