«—Ze viens prendre voz ordres. Avez-vous réfléçi, Madame?

«—Z'est tout réfléçi: ze refuze!

«—Z'est dommaçe, car un courrier allait partir pour çez vous. Il aurait pou vous ramener votre femme de çambre; vous en pazer doit vouz être pénible. Un mot, et elle vouz aurait rapporté un nézézaire, du linze, des robes et des biçoux, voz écrins; nous aurions fait un zoix, car nous sommes trop bien élevés pour vous priver de voz zoyaux de famille.»

«La marquouise hauzait les épaules.

«—Ze reviendrai donc à cinq heures en cauzer oune dernière fois avec vous, Madame.»

«A cinq heures, la marqouise exazpérée rezevait de haut l'inconnou.

«—C'est inoutile, monsieur, ze ne zignerai pas, ze n'écrirai pas. D'ailleurs, çe ne zuis paz en peine, ma disparizion doit être zignalée; la Questoure, à l'heure qu'il est, est zour pied et ma délivranze n'est qu'oune question de quelquez heures.

«—Puissamment raizonné, Madame. Votre intendant doit être, en effet, à la Questoure en ze moment; les reçerçes commenzeront demain. Or, écoutez-moi bien, Madame. Notre zoziété a fait de grands frais, nous avons loué zette maison exprès pour vouz y conduire; deux çalands venous de Triezte attendent dans la lagoune votre bon plaizir pour aller déménaçer votre villa; nouz avons diz hommes à bord de chaque: z'est toute oune mize de fonds, comme vous voyez. Si demain matin nos çens ne zont paz à la Palomba, nous nous çarçons d'arrêter les reçerçes de la polize. Le cadavre de la marqouise Amaforti zera retrouvé dans la lagoune, auprès des débris de za gondole, zelle-là même qui vous a amenée izi: vous vous zerez noyée dans la nouit. Nous n'en zommes paz à oun açident près.

«—Mais, monzieur!…

«—C'est vous qui l'aurez voulou, Madame. Lez affaires zont lez affaires.