—Oh! surtout sournois.
—Et fier?
—Oh! cela, sûrement. Et Mademoiselle est trop riche. Comment un petit sous-lieutenant alpin pourrait-il affronter tant de millions!
L'Américaine buvait du lait. Elle évoquait en elle-même la scène du tub et la nudité brune et musclée du beau sous-lieutenant.
—Ne t'es-tu pas exagéré les choses, Annie, dans ton désir de me faire plaisir?
—Mademoiselle doute de moi? Que Mademoiselle daigne monter tantôt dans ma chambre, vers quatre heures et demie, cinq heures, et s'y cacher, M. Olivari doit y venir me faire ses adieux.
—Le coup de l'étrier, Annie. J'irai, oui, j'irai certainement.»
Ces Américaines sont si pratiques! Il leur faut des preuves à l'appui. Le soir même, miss Eva déclarait à sa tante qu'elle n'épouserait que M. Gennaro Olivari. Avouez, monsieur Sourdière (et la princesse Outcharewska se tournait vers le romancier), que ma version vaut bien la vôtre, et ma version est la vraie.
—Sans compter que, dans la vérité, le climat de Nice et la solitude n'y sont pour rien, soulignait Stouza, hostile.