Recueilli dans sa pensée, il a été chercher de donjon en donjon la trace presque effacée des pas de Marie Stuart.

Le voyageur d'une idée n'allait pas porter là, sans doute, les impatiences de notre génération. Il allait pieusement interroger l'histoire. Respectueux pour le passé, qui nous a tous engendrés à la vie, il n'a pas invoqué contre lui le présent comme un reproche.

Il l'a raconté tel qu'il a vécu, tel qu'il pouvait vivre seulement dans ce temps de barbarie et d'ignorance.

On n'appelle sur son travail la muse de l'histoire qu'à la condition d'avoir une religieuse tendresse pour le temps de son récit. L'historien de Marie Stuart a cette précieuse qualité. Il revit dans ses héros comme dans les souvenirs de sa mémoire. On dirait qu'il les a connus, qu'il les a aimés, qu'il les connaît, qu'il les aime encore. Il a conversé avec eux une dernière fois dans le vent des ruines qu'il a visitées en Angleterre.

Car M. Dargaud ne s'est pas contenté de fouiller les archives de telle ou telle bibliothèque, il a consulté encore cette grande bibliothèque du soleil et de la nature. Il a voulu donner au drame son paysage, car il y a toujours entre les sites et les événements de mystérieuses correspondances.

C'est ainsi qu'il a écrit une histoire complète, par la richesse de l'érudition et la peinture des sentiments. J'avais donc raison de dire, en commençant, qu'il y avait encore des parfums dans Galaad.

Eugène Pelletan.

(La Presse, 8 décembre 1850.)

LETTRES.

P. J. BÉRANGER A J. M. DARGAUD.