Et en mes vers si fort je la loü'rois
Que comme un cygne en chantant je mourrois.
Il paraît que Marie eut alors comme un pressentiment de sa destinée, et qu'elle fut tentée de se retirer dans un monastère admirable situé sur la pente des Vosges, entouré d'eaux courantes, de rochers et de sapins. Elle avait passé deux fois sous les murs de ce monastère, et elle songea souvent depuis à cette maison de silence et de paix où Dieu abritait les âmes contre les orages du monde. Dans le deuil où elle était plongée, elle pensa un moment, dit un contemporain, à y cacher sa vie. Quoi qu'il en soit, ce ne put être qu'un éclair de cette mobile imagination. La tempête l'appelait, et ses goûts n'étaient pas ceux du cloître.
Ses oncles d'ailleurs lui conseillaient de retourner en Écosse, où l'attendait un trône. Après s'être recueillie quelque temps en Lorraine, elle revint en France, d'où elle devait partir pour toujours au commencement de juillet 1561. Son douaire avait été assigné sur la Touraine et le Poitou ; il était fixé à vingt mille livres de rentes.
Son séjour à Paris se prolongea un peu.
Marie voulut revoir tous les lieux qui lui étaient chers avant de s'éloigner à jamais.
Elle resta deux jours à Fontainebleau, que son père avait habité, qu'elle préférait entre toutes les résidences royales, et qui était le toit de ses délices.
Un crespe long, subtil et délié,
Ply contre ply retors et replié,
Habit de deuil, vous sert de couverture