Alors, Madame, vous seriez-vous sentie, en le regardant, aussi mère qu'on le dit? Aucune arrière-pensée ne vous aurait-elle troublée? Et, à moins que vous n'ignoriez tout de l'horrible ruée des bêtes d'enfer, parmi lesquelles a commandé et combattu le prince Joachim, vous êtes-vous bien assurée que sa Croix de fer ne porte aucune souillure, qu'elle honore des actes de soldat et ne peut couvrir aucune part de la responsabilité dans les forfaits dont ma patrie est victime de la part des vôtres?
...Je n'envie point votre fierté, Madame, vis-à-vis de votre fils rentrant des régions saccagées de Visé, Dinant, Aerschot, Louvain, Termonde...
(La Soupe, n° 318.)
B. LA FOURBERIE
C'est certainement l'amour du mensonge qui anime les Allemands, car souvent ils mentent sans nécessité, pour le plaisir. On ne voit pas, par exemple, la raison pour laquelle Illustrierter Kriegskurier dit que les marins allemands entrent à Anvers plutôt qu'à Bruxelles (p. 48) ni pourquoi. Die Woche nous montre des otages à Woluwe, près de Bruxelles, où il n'y en a jamais eu (p. 47 et [pl. XI]).
Nous ne relèverons parmi les articles consacrés à la fausseté allemande que ceux qui se rapportent à l'origine de la guerre et à la violation de la neutralité belge:
I. Qui a déchaîné la guerre?
Tout commentaire serait superflu: il n'y a plus personne au monde dont l'opinion ne soit faite.
Nos périodiques clandestins avaient une besogne fort ardue, puisque aucune publication pouvant éclairer la Belgique n'y était admise et que nous devions donc les obtenir par fraude. La Soupe a publié La dernière entrevue de Sir E. Goschen avec le chancelier (no 6), des extraits du Livre Bleu anglais (n° 7), du Livre Jaune français (n° 8), etc.
Copions, pour montrer le ton de nos clandestins, un article dans Le Belge: