Puis vint l'article de dom MORIN, un bénédictin français établi à Munich depuis huit ans: Appel à la foi et au bon sens des catholiques belges. Cet appel parut dans L'Information, une feuille de choucroute, comme on dit à Bruxelles, rédigée par des Allemands. On le réimprima ensuite en une brochure qui fut vendue—comble de perfidie—au profit des pauvres des environs de l'abbaye de Maredsous, siège du principal couvent de bénédictins en Belgique. Non content de déclarer que les Belges ont eu tort de s'opposer à la nation allemande, si morale, si religieuse et si forte, il ose ajouter que les Belges continuent leur mauvaise action en résistant à l'autorité occupante. La Libre Belgique a répondu dans son n° 50 (octobre J 915).
Le plus considérable de ces ouvrages est celui de M. Fritz NORDEN: La Belgique neutre et l'Allemagne, d'après les hommes d'État et les juristes belges. Celui-ci avait la prétention de nous faire croire que la Belgique avait de sa neutralité une conception fausse; qu'elle n'avait pas le droit de défendre par les armes sa soi-disant inviolabilité [64]. Le Belge consacre huit pages à la discussion de cette théorie, dans le supplément à son n° 4 (septembre 1915). La Libre Belgique la passe au crible dans son n° 49 (octobre 1915). Elle examine dans le même numéro la personnalité de l'auteur:
64 [ Les idées de M. Norden sont discutées dans le dernier livre de WAXWEILER, Le Procès de la neutralité belge.]
Une saleté.
Il s'appelle Fritz comme les neuf dixièmes des Boches. Mais ce qui karactérise ce Fritz-là, c'est qu'il est Norden. Et ce Fritz Norden est un type à peu près unique en son genre. Au lieu de vendre des fourrures comme ses parents, ce gros garçon a voulu s'élever d'un kran: il est avokat.
Parfaitement.. .
Avokat à la Cour d'appel de Bruxelles. En effet, on a eu la faiblesse d'admettre au stage, au serment et d'inscrire au tableau de l'Ordre quelques étrangers et notamment ce juif d'outre-Rhin.
Encore une réforme qui s'imposera après la guerre.
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